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Mais le corps est toujours dans le commerce ! Dans un contrat de travail, par exemple -que l'on soit mannequin ou ouvrier-, on met son corps à la disposition d'autrui, de l'employeur en l'occurrence. Le corps est toujours objet des contrats. De la même façon que l'esprit, d'ailleurs. Alors pourquoi se raidit-on quand il s'agit de sexe et de reproduction ? Pourquoi ces deux choses devraient-elles être hors commerce, lorsque tant d'autres y sont ? Parce que l'Etat veut imposer par la contrainte des significations univoques à la manière dont chaque femme doit vivre sa sexualité et sa grossesse.

Marcela Iacub, au cours d'un débat avec Sylviane Agacinski, dans Philosophie Magazine avril-mai 2006 (le premier numéro, j'aime bien les premiers numéros).