L'édition est un métier de joueur. On ne sait jamais rien du sort d'un livre. Dans ce domaine la, tout prévisionniste est un plaisantin. Au départ, ce livre avait tout contre lui : un premier roman d'un auteur totalement inconnu, traitant d'un sujet morbide et rebattu en près de mille pages bien tassées sans aération aux prix de 25 euros... De quoi pousser au suicide un as du marketing et lui faire comprendre, avant d'expirer, qu'un vrai succès littéraire ne se prémédite pas. Ce sont des aventures comme celles que vit Les bienveillantes qui font tout l'intérêt de ce métier depuis qu'il existe, et de la vie de lecteur.

Pierre Assouline, à propos des Bienveillantes.

http://passouline.blog.lemonde.fr/livres/