30 décembre 2006

La Ballade de l'impossible

Le roman raconte ça avec une simplicité qui le rend aérien : Watanabe et Naoko semblent prisonniers chacun d'une bulle qui les fragilise, les rend inaptes à la vie en société. Le roman tisse un fil de soie entre les deux amoureux : un fil propre à se faire un cocon ou à se pendre. Les suicides viennent effacer quelques personnages, comme s'ils étaient l'expression d'une malédiction, d'une maladie, d'un non-dit. Le roman est sans artifice, mais le lecteur pourtant sent qu'un mystère reste tu, qu'une clé est cachée dans les confessions... [Lire la suite]
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29 décembre 2006

La pudeur des filles

Ce dont manquent les filles, c'est de pudeur. On leur a tant dit qu'il n'y a qu'elles pour en avoir, qu'elles pensent que, quoiqu'elles fassent, il leur en restera toujours plus qu'aux autres. Pudeur des sentiments, veux-je dire. (29 mai 1940) Jacques Brenner, Journal, tome 1, Du côté de chez Gide.
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28 décembre 2006

Le bonheur, non préoccupation du lendemain

Lundi 27 mai 1940 Le bonheur, dit Gide, qui est la "non préoccupation du lendemain". J'ai exprimé cela quelque part, moi aussi. Mais la société actuelle vous enserre tellement qu'il faut savoir jouer des coudes avec une terrible volonté que je n'ai pas encore. Attendre le bonheur en espérant (en croyant) qu'il viendra, c'est presque le bonheur. Mais si l'on faisait le total des moments heureux d'une vie, cela ne pèserait pas lourd, en comparaison du reste. Etre heureux, pourtant, à la réflexion, cela semble si facile ! ... [Lire la suite]
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26 décembre 2006

On se lasse de tout et même des masques

Baudelaire écrit dans ses Journaux intimes qu'être un homme utile lui a paru toujours quelque chose de bien hideux. C'est la sorte de paradoxe grinçant dont j'ai accoutumé de faire mes délices. Mais le dandysme n'est pas une solution qui satisfasse durablement celui qui s'y abandonne. Jouer au cynique, au blasé, au désinvolte, à l'esthète, à l'enfant terrible, cela va un temps. Mais on se lasse de tout et même des masques. Celui qui joue ce jeu ne le joue que parce qu'il manque de confiance en sa destinée et qu'il ne trouve pas de... [Lire la suite]
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25 décembre 2006

Sentiment tragique de la vie (4)

En tant qu'individu, j'avais donc procédé (et instinctivement, c'est le plus grave) comme procède, grosso modo, en France, la critique littéraire (mes sincères excuses à ceux qui, en elle, estiment constituer des exceptions !) : en soumettant le jugement littéraire au jugement politique. Il y a, dans notre droit, une règle héritée de l'Ancien Régime : " Le criminel tient le civil en l'état ", c'est-à-dire : le sort d'une cause civile dépend de ce qui sera jugé au criminel (par exemple des dommages-intérêts ne peuvent être... [Lire la suite]
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24 décembre 2006

Sentiment tragique de la vie (3)

En cette publicité de quatre lignes, je sentais s'effondrer une idée toute faite que j'avais adoptée de Morand et qui, si elle n'ôtait rien à l'admiration qu'adolescent j'avais pu porter à ses textes, et surtout à ses nouvelles, où son talent rapide éclatait, m'avait sans doute fait porter un jugement hâtif sur celui qui en était l'auteur. Pierre Bourgeade, La Quinzaine littéraire, 1 février 1992. (à suivre)
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23 décembre 2006

Sentiment tragique de la vie (2)

Je l'avoue, les bras, comme on dit, m'en tombèrent. Comment ! Morand, directeur d'une collection où était publiée, on le voit, la fine fleur de la littérature la plus "réactionnaire" qui fût, l'espagnole, en avait confié l'exégèse à des hommes connus pour leur engagement à gauche, à l'extrême-gauche !... Des écrivains dont il appréciait le jugement !... Ils étaient de ses amis ?... Le dandy sceptique, Morand, avait donc quelque point commun avec l'intellectuel résolu, Cassou, avec le militant internationaliste, Barbusse ?...... [Lire la suite]
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22 décembre 2006

Sentiment tragique de la vie (1)

Ayant acheté, l'an dernier, sur les quais, pour vingt francs, un vieil exemplaire du Sentiment tragique de la Vie, d'Unamuno, dans l'édition de 1927 publié par Gallimard (l'oeuvre originale est de 1912), je ne fus pas peu surpris de lire, en quatrième page de couverture, parmi les Extraits du catalogue de la NRF imprimés là, comme on le faisait à l'époque, ces lignes : " Renaissance de la nouvelle / Collection dirigée par Paul Morand / Nouvelles espagnoles par Unamuno, Valle Inclan, Blasco-Ibanez, Gomez de la Serna, etc. /... [Lire la suite]
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21 décembre 2006

La jubilation de l'écriture

Comme ces bâtisseurs qui réutilisaient les pierres de temples détruits, Boulgakov construit, avec des fragments de l'ancienne culture, un édifice original, où se côtoient créateurs et tyrans, vampires et bureaucrates, personnages bibliques et poètes prolétariens, et où les fêtes de Versailles préfigurent le grand bal chez Satan. Le rêve, le fantastique, l'irrationnel sont là pour dire l'indicible oppression d'un pouvoir totalitaire, la sourde angoisse d'une violence aveugle que seule peut conjurer, dans un éclat de rire libérateur, la... [Lire la suite]
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20 décembre 2006

Souvenir

Impossible de me rappeler le jour où nous avons couché ensemble pour la première fois. Seul souvenir : à force de nous toucher, la peau nous brûlait. Hurlements en enfilant nos pull-overs. Les années Isabelle, Patrick Besson.
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