Propos insignifiants

Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains

09 mars 2007

Etre homosexuel

Etre homosexuel, ce n'est pas seulement préférer les personnes de son propre sexe. C'est (ce devrait continuer à être) se tenir en marge de la masse de ses semblables, penser et agir différemment, apporter dans le consensus social un ferment de révolte et de discorde.

Dominique Fernandez, qui vient d'être élu à l'Académie française, cité par Le Monde, 9 mars 2007.

Posté par desavy à 20:37 - Dominique Fernandez - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Pas besoin d'être homo pour "se tenir en marge de la masse de ses semblables, penser et agir différemment, apporter dans le consensus social un ferment de révolte et de discorde". Mais on peut l'être aussi. Quel est le rapport ?

Posté par Thierry, 11 mars 2007 à 02:49

C'est une référence au débat qui a agité quelques écrivains et intellectuels homosexuels : le PACS n'est-il pas qu'une recherche de normalité ? Voir à ce sujet les prises de position de Benoît Duteurtre.

Posté par desavy, 11 mars 2007 à 20:42

Les homosexuels d'aujourd'hui se réclament aujourd'hui plus de monsieur Prudhomme que de Jean Genet ou de Pasolini. La contestation, la révolte sont d'un autre temps. Le pédé est devenu normatif et c'est "scientifiquement" qu'il réclame la normalité, l'égalité sexuelle et le droit de vivre comme un hétéro. Et c'est alors là que le bât blesse... Car qu'est-ce que l'homosexualité ?

Posté par montalte, 12 mars 2007 à 08:23

Explication perso de la citation de D.F.

Il y a beaucoup d'homos absolument pas "en marge", qui "pensent (bien) différemment (d'autres)', et pas révoltés pour un sou. Ceci dit, il y en a aussi qui bousculent la bien-pensance ou le politiquement correct en sachant répliquer là où il faut... Mais. MAIS la situation de celui/celle, homo, qui naît de nos jours en Europe de l'Ouest (bien qu'on soit encore en attente d'améliorations!) n'a RIEN à voir avec celui/celle qui naît là où ça fait mal (la liste es pays est longue, et/ou à l'intérieur de ces pays, certaines régions et en particulier certains milieux sociaux). Donc si on ne se sent pas "impliqué", si l'on défend les idées politiques de ceux qui rassemblent de multiples homophobes/homosexistes, si on cesse de faire jouer son esprit critique, en oubliant que d'autres (et "autrefois") sont particulièrement stigmatisés pour des raisons stupides, alors là oui on est à blâmer en tant qu'homo. Heureusement, une majorité d'homos et tous ceux qui sont intelligemment sensibles savent réagir aux injustices qui atteignent des gens POUR CE QU'ILS SONT - encore faut-il avoir été sensibilisé à l'injustice (sans forcment avoir souffert) et ne pas atténuer, masquer par d'autres visions politiques -de type égocentriques-, si ce n'est pas l'indifférence, ces injustices-là.
Voilà ce que veut dire D. Fernandez: longtemps, la société hétérocentriste-sexiste a globalement déconsidéré des gens, en les rabaissant (les condamnant), en les rejetant (s'ils expriment leur spécificité), parce qu'ils sont homos, et cela a nourri un sentiment de révolte envers les grandes injustices, cela a forgé un certain esprit d'appartenance qui a généré une certaine solidarité, qui malheureusement s'est perdue pratiquement avec la "normalisation" sociale, l'intégration de l'aspect homosexuel (à de nombreux niveaux), la (quasi) fin des stigmatisations. Cette "marginalité" (qui, en cas de silence imposé par réclusion forcée, ne peut s'exprimer que par d'autres biais), cette odeur de souffre est toujours d'actualité sur une vaste partie du globe! Ici, le "mariage universel" (pour la France) sera à même de faire cesser ce traitement rationnellement inexplicable de "citoyens de seconde zone" (cela ne remet pas non plus en question le fait que le "couple/duo" -pour raison de lien- est reconnu/aidé alors que l'individu seul, dit "célibataire endurci", ne l'est absolument pas). Piur le reste, il s'agit de mettre fin à l'homosexisme (cette façon de considérer cet "autre" come "anormal" donc comme indigne du traitement réservé aux "autres") et il y a encore à faire à ce niveau, sans jouer au victimisme.
Donc même si ça a changé (pas pour tous!), même si comme chez les hétéros ("comme partout"), il existe une gamme très diverse de profils sociologiques/psychologiques, reste qu'être homo, ce n'est pas non plus EQUIVALENT à être "hétéro" (je ne parle pas de sexualité mais de l'enfance, du traitement social dans beaucoup de cas), c'est très clair -mais ça devrait l'être; ça n'est toujours pas le cas à part dans certain/es milieux/familles, sans parler des pays.

Donc voilà, la "marginalité" est une idée-repoussoir pour les conservateurs-partisans de l'ordre répressif et, au lieu de la rejetter en retournant cette haine contre certains de ses semblables ou par normalisation forcée, on peut en en faire un outil pour choisir des voies justement "marginales" (c'est-à-dire minoritaires ou minorisées, mal considérées, ignorées voire rejettées). Ce n'est pas le cas de tout le monde. Et ça peut être pourtant le cas de gens absolument pas "dans la marge" au départ, sociologiquement, et hétéro évidemment. Mais là D. Fernandez parle des homos et pas des hétéros. Il ne dit pas "les hétéros son moins aptes à la révolte" mais "les homos ont un fond qui les engage/devriat les engager plus aisément à se révolter". Bien sur, ça dépend du contexte, certains (souvent privilégiés) sont très conformistes et j'menfoutistes et il ne faut pas non plus réduire le "agir différemment" à être de gauche, vert ou plutôt d'extrême-gauche car personnellement ça va au-delà. Voilà.

Posté par Vendetta :o), 11 avril 2007 à 22:32

L'analyse de Desavy me semble fausse, puisque Dominique Fernandez s'est toujours prononcé en faveur du Pacs.

Posté par Jules, 24 août 2009 à 04:25

La pédérastie n'est qu'un symptôme du capitalisme. Dans ce sens il est extrêmement conventionnel et explique l'engouement bizarre de certains Français pour les Etats-Unis.
Je préfère pour ma part prendre des exemples en dehors de la chapelle "gay" : Eric Zemmour ou Alexandre Jardin, pour ne pas tomber dans le cliché sur l'homosexualité.
Zemmour explique très bien en quoi sa propre sexualité est pédérastique et qu'il a besoin d'une
certaine violence (vu son gabarit ça ne doit pas être bien méchant) pour "oublier qu'il couche avec sa mère". Le sado-masochisme mollasson (comparé à celui du gauleiter nazi) est d'ailleurs presque aussi répandu dans les régimes capitalistes que la pédérastie.
Alors qu'il est une victime de la famille et de la politique, le pédéraste est souvent trop lâche pour ne pas céder au culte de la famille et de la politique. J'ai même connu des pédés qui préféraient croire que leur tare était "génétique", plutôt que de faire usage de leur liberté.

Posté par Lapinos, 22 décembre 2009 à 13:36

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