31 août 2007
Abnormal things hapenning to normal people
Rather than stories of " abnormal things hapenning to abnormal people " or stories of " normal things hapenning to normal people ", I like stories " abnormal things hapenning to normal people ".
Haruki Murakami.
http://www.randomhouse.com/features/murakami/site.php?id
28 août 2007
Le rêve américain
La maison, un minuscule cube en bois avec une porte et deux fenêtres, n'avait pour ornement que les lattes en V qui faisaient office d'auvent au-dessus des ouvertures. On entrait directement dans la pièce principale qui, malgré ses modestes proportions, devait servir de séjour, de salon, de salle de télévision et de jeux, de bureau et de salle à manger. Le plafond arrivait juste au-dessus des têtes et les lieux étaient imprégnés par l'odeur campagnarde des poêles à charbon et des radiateurs à pétrole. Jusqu'aux six ans de Charlotte, les Simmons avaient vécu au-dessous du niveau du sol, dans ce qui était devenu les fondations. Elle avait trouvé cela normal, car nombre de familles débutaient ainsi, quand elles voulaient avoir leur propre maison : on commençait par acheter un petit bout de terrain, parfois à peine mille mètres carrés, on creusait les fondations, on les couronnait d'un toit en papier goudronné d'où émergeait le conduit du poêle servant à la fois de chauffage et de cuisinière, et on vivait dans la fosse en attendant d'avoir de quoi conduire un parquet.
Tom Wolfe, Moi, Charlotte Simmons.
23 août 2007
Je n’ai jamais arrêté d’écrire depuis lors
Je me souviens très bien de ce drôle de moment de ma vie, vers 4 ans, où je savais lire, où à partir de mes lectures j’inventais dans ma tête mes propres histoires. Mais je ne savais pas encore écrire. Le jour où, vers 6 ans, j’ai enfin été capable de fixer mes petits récits sur le papier est un souvenir très puissant. Je n’ai jamais arrêté d’écrire depuis lors.
Marie Darrieussecq, Télérama, 22 août 2007.
19 août 2007
Subtilités, exquises drôleries et cruautés culturelles
PS: Comme d'habitude, vous allez vous ruer sur le nouveau roman d'Amélie Nothomb. Cette année, vous aurez raison. Avec Ni d'Eve ni d'Adam(Albin Michel, 245 pages, 17,90 euros), elle renoue avec la veine nipponne de Stupeur et tremblements. En ce temps-là, elle donnait des cours de français à un jeune homme de Tokyo, devenu son fiancé et son amant. Comment a-t-il conquis Amélie, comment s'est-elle dépêtrée du piège du mariage... Tout en subtilités, exquises drôleries et cruautés culturelles.
Bernard Pivot, le Journal du Dimanche, 19 août 2007.
18 août 2007
Ni d'Eve ni d'Adam par Christophe Greuet

Je n’avais jamais eu jusqu’alors l’occasion de vous parler de ma relation particulière avec la littérature d’Amélie Nothomb. Ayant découvert l’auteur dans mes jeunes années, à la parution de ses premiers romans, c’est véritablement un coup de foudre littéraire que je vécus alors. Le sentiment n’a pas subi l’érosion du temps. Et, à la différence de nombreux confrères, j’ose le dire : j’attends chaque année le nouveau Nothomb comme aucun autre livre. Son dernier, Ni d’Eve ni d’Adam, n’a pas échappé à cela.
Ne tombant pas non plus dans la béatitude débile, je reconnais facilement que l’auteur avait atteint le fond avec ses deux derniers ouvrages. Les fans qui auraient pu penser que Nothomb était “finie” vont cependant pouvoir revoir leur jugement. Son nouvel opus, Ni d’Eve ni d’Adam, est peut-être le chef-d’œuvre de l’auteur belge.
Christophe Greuet, http://www.culture-cafe.net/archive/2007/07/30/ni-d-eve-ni-d-adam-found-in-translation.html
14 août 2007
Claude Chabrol et Ludivine Sagnier

C'est d'ailleurs en voyant Ludivine Sagnier dans la dernière adaptation de Peter Pan que Chabrol a succombé au charme de la belle. Elle a accepté sans hésiter, honorée d'ajouter à son palmarès un pilier du cinéma français. "Je me sens comme une collectionneuse. J'adore chiner de vieilles pièces comme Chabrol", souligne l'actrice. En témoignage de son affection, elle lui a offert une robe de chambre Playboy. "Du Ludivine tout craché, s'amuse Claude Chabrol. Elle n'a pas froid aux yeux. Elle trouvait même 'sympathique' de vivre une aventure avec un vieux machin comme Berléand." Entre les mains de Chabrol, elle n'a peur de rien, ou presque. "Par son talent, il suggère la sexualité, mais on est protégé par sa pudeur", précise la comédienne.
Le Journal du Dimanche, 5 août 2007.

Richard Fleischer s'est inspiré du même fait divers en 1955 pour La Fille sur la balançoire, qui ressort cette semaine. Y a-t-il des parallèles entre vos deux films ?
J'étais à la Fox quand le film est sorti, et c'est moi qui ai trouvé le titre français. C'est une excellente reconstitution d'époque, mais l'esprit est très différent du mien. C'est un film puritain, imprégné de la notion de péché qui n'existe pas chez moi. Ce qui m'intéresse, ce sont les éléments de déséquilibre des personnages. Berléand comme Magimel sont des excessifs et le film traite des rapports excessifs. Quant au crime lui-même, c'est un geste imbécile qui relève de la schizophrénie. Le plus intéressant est ce que la famille en fait, et comment elle parvient à se débarrasser de l'encombrante héroïne.
Le Figaro, 8 août 2007.
13 août 2007
Virtuosité
Une fois que le drame est consommé, Gilles Verbier raconte comment il est tombé amoureux de la fiancée de son frère Fabien, l'inconsistante et fascinante Annabel au sujet de laquelle Patrick Besson remarque : « Le vide attire. » L'histoire de cette passion amoureuse, il la reconstitue à partir de vieilles listes de courses ainsi qu'en se rappelant le contenu de la corbeille de la salle de bain de l'intéressée... Belle-Soeur aurait pu être une comédie de moeurs chez des petits-bourgeois du show-biz et s'intituler La Double Inconstance ou Les Caprices d'Annabel si l'issue en avait été moins tragique et l'humour moins féroce. Patrick Besson, avec son oeil de moraliste et son art de la sentence, n'a pas son pareil pour dégonfler les sentiments et disqualifier ses personnages. La virtuosité du romancier rachète la vanité de tout le reste.
Le Figaro, 4 août 2007, à propos de Belle-soeur de Patrick Besson.
08 août 2007
Amélie Nothomb dans le Canard vexé
Ce qui fascine chez Nothomb, c’est que même dans le pire elle est sublime et fait mouche. Lorsqu’elle cède à la paresse et à la facilité dans ses derniers romans (Acide sulfurique, Biographie de la Faim) on se laisse emporter par le flot de ses mots, presque malgré soi. C’est toujours clair, concis, précis. Bon nombre d’écrivains n’ont pas cette facilité dans le style... C’est cruel, d’autres auront beau s’acharner pendant des décennies, ils n’arriveront pas à la cheville d’un mauvais roman d’Amélie.
http://www.canardvexe.com/articles/319_amelie_nothomb__1.php
03 août 2007
Chroniques de l'oiseau à ressort (2)
Dans la réalité, en revanche, mon appétit ne se manifestait absolument pas, tandis que j'attendais, immobile, qu'il se passe quelque chose, le regard tourné vers les aiguilles de l'horloge dans la maison calme. Mais si mon appétit ne se manifeste pas, pensai-je, c'est que je dois manquer de dimension littéraire. J'avais l'impression d'être devenu moi-même un personnage de mauvais roman. Comme si quelqu'un me prenait à partie : tu ne fais pas du tout réaliste ! m'accusait-il. Et peut-être était-ce vrai.
Haruki Murakami, Chroniques de l'oiseau à ressort.
02 août 2007
Chroniques de l'oiseau à ressort
Je me souvins avoir lu autrefois l'histoire d'un homme qui mangeait sans arrêt en attendant quelque chose. Après m'être livré à une longue méditation, je trouvai enfin le titre : c'était l'Adieu aux armes d'Hemingway. Le héros (dont j'ai oublié le nom) a réussi à traverser la frontière italienne en bateau pour se réfugier en Suisse, et il attend que sa femme accouche dans la clinique d'une petite ville. Pendant cette longue attente, il ne cesse d'entrer dans le café d'en face pour boire et manger. Je ne me souvenais guère de la trame de ce roman. Tout ce dont je me rappelais, c'était cette scène proche de la fin où le héros enchaînait repas sur repas, en attendant l'accouchement de sa femme dans un pays étranger. Cette scène m'avait marqué en raison de son intense réalisme. Sur le plan littéraire, la fringale du personnage me paraissait plus intéressante qu'un manque d'appétit causé par l'anxiété.
Haruki Murakami, Chroniques de l'oiseau à ressort.