Propos insignifiants

Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains

24 février 2008

Perversité du langage

La simplicité de la langue - quatrième raison - fait partie de la subtile panoplie littéraire de la romancière. Ou plutôt l'apparente simplicité. La phrase ne cherche pas midi à quatorze heures, mais le sens, parfois, est plus subtil qu'il n'y paraît. N'oublions pas que Nothomb est philologue. Dans Ni d'Eve ni d'Adam, la scène de la demande en mariage est un exemple de la perversité du langage. Enfin, Amélie Nothomb est ce genre de personnage que les médias adorent. Exubérant mais timide, volubile mais secret - bref, romanesque. L'alcool, la vitesse, les pieds nus sur les pédales, les casinos ont poursuivi Sagan jusqu'à sa mort. On ne parlera donc pas des chapeaux, mitaines, godillots, rouge à lèvres ou autres fruits pourris attachés à jamais comme des poissons d'avril à la tunique d'Amélie Nothomb. Lisons plutôt son dernier roman, considéré à l'unanimité comme un très bon cru, bon château, bonne année.

Anthony Palou, Le Figaro Magazine, 14 octobre 2007.

Posté par desavy à 10:53 - Amélie Nothomb - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

15 février 2008

Sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais

Les_ann_es

Si elle parvient très naturellement, comme par essence, à échapper à tout égotisme, Annie Ernaux ne cherche absolument pas, en revanche, à éviter la mélancolie. Celle-ci est tout sauf un écueil : elle est au coeur du projet de ce livre comme elle est au centre de tous les écrits d'Annie Ernaux qui, depuis plus de trente ans, n'a eu d'autre dessein que de « sauver quelque chose du temps où l'on ne sera plus jamais ».

Télérama, 13 février 2008.

Posté par desavy à 07:50 - Annie Ernaux - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

09 février 2008

La passion d'un homme politique de premier plan pour un top-modèle

C'est d'ailleurs une bonne idée d'avoir choisi le roman plutôt que l'essai : pour comprendre une époque et annoncer son évolution, le roman, c'est encore ce qu'il y a de mieux. Voyez l'admirable Creezy de Félicien Marceau (autre balzacien), paru en 1969, et racontant la passion d'un homme politique de premier plan pour un top-modèle. Le livre d'Eric Zemmour est un nouvel exemple : tout roman réussi est la radiographie d'une époque. Il est donc souvent prophétique. Petit frère donne froid dans le dos, et on ferait bien de lui porter l'attention qu'il mérite.

Stéphane Hoffmann, le Firaro Magazine, 9 février 2008.

Posté par desavy à 16:56 - Eric Zemmour - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1