19 septembre 2009
Un monde où la littérature est aussi essentielle
Le rythme très particulier des romans de Carlos Ruiz Zafón tient en grande partie à la maladie rare qui frappe presque tous ses personnages - une maladie aussi virulente qu'improbable : la littérature de petite ou de grande facture. Obsession, fétichisme ou folie, les livres leur sont aussi précieux que l'amour. C'est dire s'ils sont atteints - ou possédés. Ou vicieux, pour reprendre l'expression de Larbaud. Barcelone selon Zafón tremble d'une fièvre souterraine qui convoque livres et écrivains (parfois célèbres, souvent maudits) à tous les coins de rue. D'aucuns prétendraient que cela suffit à faire de L'Ombre du vent (Grasset, 2004) ou du Jeu de l'ange des romans délirants. Un monde où la littérature est aussi essentielle ne saurait être qu'extraordinaire ou farfelu.
Le Monde, 17 septembre 2009.
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