Lavilliers 14 déc 2013

 

La génération des mes parents avait gagné cela sur la misère et la bourgeoisie : à défaut de richesse, l'accès à la culture. Elle était pour eux un droit et un devoir. Chez moi, on tenait beaucoup à la littérature et à la musique. Sur une petite sono ou à la radio, mon père écoutait du jazz et des musiques tropicales ; ma mère aimait plutôt Brahms. Elle jouait du piano – ils en avaient récupéré un, un peu pourri, sur lequel je jouais aussi. Mais mes goûts allaient essentiellement vers les rythmes latins et jazz. Sans oublier la chanson française, bien sûr. Plus tard, quand tous les autres se sont tournés vers Katmandou, moi, ce fut le Brésil. Ce n'est qu'à partir des années 1970 que j'ai écouté du rock, les Doors, notamment. Mais je n'ai pas cette culture anglo-saxonne qui a nourri la plupart de mes contemporains.

Bernard Lavilliers, Télérama, 14 décembre 2013.