03 mars 2011

Drieu, Aragon et Malraux

«Ah ! Le petit copain ! Ah ! le petit copain !» C'est ainsi qu'Emmanuel Berl relate dans Présence des morts la réaction de Drieu la Rochelle à la lecture des Conquérants d'André Malraux en 1928. Trois ans plus tôt, Drieu a dédié son premier roman, L'Homme couvert de femmes, à Louis Aragon. «Amis, frères même dans leur jeunesse, ils ont été séparés par le siècle et se sont affrontés avec d'autant plus de virulence que jamais ils n'ont pu oublier, étouffer leur affection réciproque», écrivait à propos de ces trois-là... [Lire la suite]
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02 mars 2011

Un de ces écrivains qui font encore rêver quelques jeunes gens

De la lignée des Chardonne et des Montherlant, il était lié à Aragon, qui a démissionné des Goncourt dont le prix avait échappé à Nourissier. Sans jamais cesser d'être ironique et critique, il était attentif aux talents nouveaux - Neuhoff, Besson, Garcin… - qu'il voyait surgir autour de lui. Il avait été un des premiers à défendre Michel Houellebecq. Il n'était pas seulement  le «pape des lettres», la terreur des débutants, le grand ordonnateur des cérémonies littéraires. Il était beaucoup plus. Il était le maître d'une langue... [Lire la suite]
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28 février 2011

Dans les deux cas, je parle des pires choses qui peuvent arriver à quelqu'un

C'est vrai, la violence, dans ces deux livres, est très similaire. Dans les deux cas, je parle des pires choses qui peuvent arriver à quelqu'un. Dans Le Monde selon Garp, c'est un assassinat sexuel. Garp est tué par une femme qui déteste les hommes. C'était un roman sur l'extrême intolérance à l'égard des différences sexuelles. Alors que Dernière nuit à Twisted River repose sur mes peurs de père: l'idée d'être pourchassé avec mon seul fils représente pour moi un scénario de cauchemar. Au fond... oui, vous avez raison, Le Monde selon... [Lire la suite]
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17 février 2011

Une cadence magnifique et une maîtrise parfaite du vocabulaire

L'œuvre de François Nourissier vaudra longtemps, non pas tant à cause de ses tableaux de la bourgeoisie française du XX° siècle (son personnage de Saint-Lorges est déjà d'anthologie), que par son style singulier, caractérisé par une cadence magnifique, une maîtrise parfaite du vocabulaire. Dans tous ses livres, l'écrivain a dompté le français, l'a poussé, comme un cavalier pousse sa monture: pour en obtenir le meilleur. Mots classiques ou oubliés, formules inhabituelles, argot ou vocabulaire familier, lire du Nourissier c'est faire un... [Lire la suite]
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09 février 2011

Miss Parkinson

François Cavanna l’appelle miss Parkinson. «La chère petite se porte à merveille. Depuis qu’elle a élu domicile dans mes membres, on ne se quitte plus. Elle pourrait se montrer très vache, se mettre, par exemple, à faire trembler à folle allure ma main qui tient la cuillère pleine de soupe quand je dîne chez la marquise. La marquise n’aimerait pas…» Ou encore : «On ne nous dit pas tout. On ne nous dit pas que miss Parkinson est plutôt une grande feignasse qu’une cruelle tigresse. Elle s’étire tout de son long, en... [Lire la suite]
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05 février 2011

L'autobiographie est toujours une fiction

Au mot autofiction, je préfère "écriture du soi" (et non pas du "moi", qui fait pencher du côté du narcissisme). Le "soi" transcende le "moi" et doit pouvoir rejoindre quelque chose chez le lecteur. Néanmoins, ce qui m'intéresse dans ce mot, c'est la réunion de l'autobiographie et de la fiction. Cela souligne que l'autobiographie est toujours une fiction. Dès qu'on utilise des mots pour raconter sa vie, on fait entrer de l'imaginaire, la mémoire infidèle, des procédés narratifs... [Lire la suite]
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04 février 2011

Un monstre informe

C'est un monstre informe, une sorte d'archi-genre, qui recouvre toutes les formes d'écriture du moi et met sous la même bannière des écritures extrêmement différentes. Chaque fois que le personnage est le même que l'auteur, on parle d'autofiction. Plus qu'une "fiction d'événements et de faits strictement réels", définition donnée par Serge Doubrossky, je pense que l'autofiction est la suite du roman autobiographique, mais transposé à notre époque, donc différent, notamment parce que la réception a changé. Avant,... [Lire la suite]
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02 février 2011

En visite

Et je persiste à le dire puisque j’en ai aussi parlé avec William Burroughs. Il était venu avec Allen Ginsberg pour saluer un écrivain qu’ils admiraient. «C’était bizarre (weird), un juif et un pédé… Nous étions devant sa grille. Un chien aboyait. Il finit par nous recevoir. Nous avions raté Artaud.» Et il suffit de se secouer, pour lire le magnifique hommage de Jack Kerouac dans le Cahier de L’Herne. Le prince des beat y rappelle que Céline ne reconnaissait qu’un autre «véritable écrivain», à part lui- même, Jean Genet, et qu’il... [Lire la suite]
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01 février 2011

J'obtiens toujours ce que je désire

C'était déjà le sujet de Ma part d'ombre, l'autobiographie publiée en 1995. C'est ici le prétexte pour évoquer les femmes de sa vie et cette obsession pour les femmes en général qui l'habite depuis toujours. Pas un livre facile à défendre. Quittant la fiction et l'action, où il est roi, l'Ellroy est nu. Son éditeur américain, Sonny Mehta, gourou tout-puissant de Knopf, l'éditeur des prix Nobel, n'en voulait d'ailleurs pas. Ellroy a su le convaincre: «J'obtiens toujours ce que je désire.» C'est une phrase du livre... [Lire la suite]
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30 janvier 2011

Un homme chaleureux, amical et plein d’humour

Une cinquantaine de lettres écrites par J.D. Salinger à un ami anglais entre 1986 et 2002 et dévoilées par une université britannique ce jeudi, dessinent l’image d’un homme chaleureux, amical et plein d’humour, très différente de l’ours souvent décrit. L’auteur de L’Attrape-coeurs (The Catcher in The Rye), décédé en 2010, a écrit pendant des années à un ami de jeunesse, Donald Hartog, un Londonien avec qui il étudiait l’allemand à Vienne en 1937, alors qu’ils avaient 18 ans. Après des années de silence, en 1986, ... [Lire la suite]
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