03 mars 2011

Drieu, Aragon et Malraux

«Ah ! Le petit copain ! Ah ! le petit copain !» C'est ainsi qu'Emmanuel Berl relate dans Présence des morts la réaction de Drieu la Rochelle à la lecture des Conquérants d'André Malraux en 1928. Trois ans plus tôt, Drieu a dédié son premier roman, L'Homme couvert de femmes, à Louis Aragon. «Amis, frères même dans leur jeunesse, ils ont été séparés par le siècle et se sont affrontés avec d'autant plus de virulence que jamais ils n'ont pu oublier, étouffer leur affection réciproque», écrivait à propos de ces trois-là... [Lire la suite]
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02 juin 2008

Tout plaisir est voué au supplice, au ricanement forcené et à l'agonie hurlante

Parlant de lui à la troisième personne, Drieu se livre à des variations sur cette haine. Avec la lucidité morose qui est sa marque, il se peint sous les traits d'un "homme traqué et égaré, farouchement fermé, purement méchant avec des accès plus affreux encore d'indifférence douce et amicale qui étaient la caricature démoniaque de son ancienne tendresse". Timide et audacieux, grossier et raffiné, dilettante de l'amour, "païen éperdu" enfermé dans une conception excitée et triste de la chair, il affirme avoir eu... [Lire la suite]
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20 septembre 2007

Un pull-over de déménageur

Tout de suite après ce premier déjeuner, Drieu envoya un de ses livres à Victoria Ocampo, accompagné d'un mot où il l'invitait à prendre un verre avec lui dans un bar des Champs-Élysées. Victoria lui répondit : « Je ne bois jamais de cocktail, mais je prends le thé rue de Rivoli. » Il l'emmena au « Rumpel », écrit Victoria Ocampo, c'est-à-dire chez Rumpelmeyer. Avec cette brutalité tendre qui lui valait tant de succès, il lui dit : « Vous avez un pull-over de déménageur. » C'était un tricot de chez Chanel. Jean d'Ormesson, Le... [Lire la suite]
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05 février 2007

Mes amitiés ont toujours été à gauche

Il est curieux que mes amitiés ont toujours été à gauche. Une amitié domine toute ma vie, celle de Jean Bernier -jeune bourgeois qui est resté longtemps aux lisières du communisme, avant d'y être ou après en être sorti. Auparavant, il y avait eu Raymond Lefebvre, autre jeune bourgeois, un des jeunes chefs et fondateurs du Parti communiste en 1920. Je n'ai connu Aragon qu'à une époque où la seule politique littéraire l'occupait et ne suffisait pas à le distraire d'un certain approfondissement de lui-même. Il y a eu aussi Emmanuel Berl,... [Lire la suite]
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28 juin 2005

Pierre Drieu la Rochelle par Paul Nizan

"Il n'y a guère de doute que le style de Drieu ne soit parfois le meilleur style de l'essai français d'aujourd'hui. Mais le succès de la forme ne dissimule pas la faillite de la pensée. La faillite propre de Drieu se confond avec une faillite générale de la pensée bourgeoise... Il va se perdre comme elle dans les impasses du fascisme..." "Il faut que Drieu la Rochelle en prenne son parti, son parti logique. A défaut de parti pris, de parti politique, il mourra seul..." Extraits d'un article de 1935, cité dans... [Lire la suite]
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18 novembre 2004

Rêveuse bourgeoisie

Dans cette disposition, il n'avait pourtant jamais songé au mariage. Mais dès que sa mère lui en mit l'idée sous le nez, de mettre la main sur une fille assez riche lui apparut ce genre d'événement avec quoi son imagination était vaguement familière. Il ne vit que cela dans le premier instant. Mais aussitôt après, il vit que s'il avait l'argent, il n'aurait plus Rose – à cause de qui seule il souhaitait l'argent. L'imagination paresseuse, Camille se représentait mal les êtres ou les faits éloignés de lui. Rose s'était estompée... [Lire la suite]
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