04 avril 2011

L’art était d’abord un enchantement, parlant au corps autant qu’à l’esprit.

  L’autre, Benoît, est un bourgeois qui va devoir choisir son camp, le grand soir venu. Saura-t-il aller contre les siens, voire tirer sur eux ? L’adolescent est initié à la philosophie politique par une de ces égéries qu’on nomme facilement «pasionaria». Elle s’appelle Hélène. Les lecteurs de Benoît Duteurtre sont habitués à ses jeux autobiographiques. Ils l’ont déjà vu décorer sa chambre de lierre (A propos des vaches), et bidouiller l’électrophone des grands-parents (Tout doit disparaître). Hélène, à elle seule, semble... [Lire la suite]
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19 mars 2011

L’illusion d’une subtile fabrication

Pourquoi, dans ces conditions, la notion d’autofiction, inventée par un auteur de talent (Serge Doubrovsky), est-elle devenue la lumière de ceux qui s’évertuent à discerner les avant-gardes d’après-demain ? Je crains que cet engouement ne traduise - aussi - le besoin de donner une noblesse intellectuelle au point faible de la littérature française : un certain renoncement à l’imagination, à la représentation du monde, et un goût immodéré pour la contemplation narcissique. Cette passion de l’intimisme nous vaut parfois de... [Lire la suite]
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17 décembre 2010

L'ordre établi qui se veut absolument re­belle

Dans une époque obsédée par le changement, je me demande si l'Académie française, avec son sens de l'histoire et des traditions, n'est pas l'institution la plus insolente qui soit. Hier on y entrait parce qu'on avait du talent, mais aussi, souvent, parce qu'on était bien né, respectueux de l'ordre établi; aujourd'hui, l'ordre établi qui se veut absolument re­belle se gausse volontiers de l'Académie - à moins de la rejoindre avec moult contorsions comme le fit Alain Robbe-Grillet, qui ne dédaignait pas cette... [Lire la suite]
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10 décembre 2010

Réécrire ou pas ?

On a toujours envie de revisiter ses livres, car on apprend beaucoup de choses au cours d'une vie d'écriture. Je ne m'étais pas toujours assez préoccupé de l'écriture des Poneys. En le relisant, des passages me plaisaient bien. D'autres au contraire, notamment des locutions très communes et des transitions, m'ont semblé complètement inutiles. Ces suppressions concernent des détails qui ralentissent le propos d'un roman. (Michel Déon) Il y avait de jolies choses dedans, mais aussi des ratés. Pour la deuxième édition, j'ai sauvé... [Lire la suite]
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13 novembre 2010

Houellebecq par Beigbeder

La première fois que j'ai rencontré Michel Houellebecq, c'était dans une réunion de la revue L'Atelier du roman au Lucernaire. C'est Benoît Duteurtre qui me l'a présenté. On a bu du vin rouge. C'était en 1996 : à l'époque, tous les écrivains avaient les dents violettes (maintenant, ils ont compris: ils boivent de la vodka). Le visage de Houellebecq était plus poupon qu'aujourd'hui, mais il avait déjà sa tête de Droopy schopenhauérien, la diction lasse de Pierre Desproges et une cigarette fichée entre l'annulaire et... [Lire la suite]
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17 octobre 2008

Benoît Duteurtre défend Milan Kundera

Mais au fait, quel est l'intérêt de ternir la réputation d'un écrivain comme Milan Kundera, gloire de la culture tchèque, devenu pour l'Occident un symbole de la dissidence ? Là encore, les choses ne sont pas si simples : car Kundera, jeune poète communiste des années cinquante, fut aussi, en 1968, l'un des acteurs de ce « printemps de Prague » qui - faut-il le rappeler ? - prétendait se débarrasser du totalitarisme soviétique… sans abandonner pour autant l'idéal d'un socialisme moderne. Voilà le péché intolérable aux yeux d'une... [Lire la suite]
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04 septembre 2008

C'est toujours ainsi que finissent les grandes familles

Le tableau que nous dresse Benoît Duteurtre de cette époque révolue, dont il ne cache pas la nostalgie, jette en effet sur la nôtre un éclairage qui en souligne la dérision et l'aléatoire. Les souvenirs les plus beaux finissent par la trahison de ceux qui les détiennent : la cousine Laurence, après avoir affublé La Ramée, magnifique villa héritée du président Coty, de fenêtres en PVC, décide de la vendre à la mort de son mari. Nul de la famille ne fait un geste pour la conserver. C'est toujours ainsi que finissent les grandes... [Lire la suite]
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10 mai 2007

La situation n'était pas joyeuse joyeuse

On aurait pu craindre le pire, comme chaque fois qu'un écrivain annonce un texte sur sa maladie, son cancer, son infarctus et, plus généralement, sa découverte de la métaphysique à l'occasion d'ennuis de santé. Au contraire, le nouveau Ravalec se place dans l'excellente lignée de Copi - bel esprit argentin de Paris qui osa nous faire rire avec son sida. Le narrateur ahuri commence par découvrir le détail des souffrances qui lui sont promises, son agonie prochaine et les effets secondaires du traitement - le tout gonflé par la masse... [Lire la suite]
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29 janvier 2007

Anne Wiazemsky par Benoît Duteurtre

Anne Wiazemsky ne tombe jamais dans le travers qui ferait de son histoire un règlement de comptes avec l'entreprenant Robert Bresson, mais elle a compris le rire de Mauriac qui lui recommandait de tenir son journal pendant le tournage : « C'est te fabriquer une arme formidable. » De fait, le personnage du cinéaste est la grande réussite du roman, avec son caractère incroyablement possessif, sa façon d'installer Anne dans la chambre voisine de la sienne, et de lui imposer de rester continuellement à ses côtés. Il déteste la voir... [Lire la suite]
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15 novembre 2006

Michel Houellebecq, Benoît Duteurtre et Michel Schneider

Parmi les jurés, Michel Houellebecq, siégeant cette année au titre de lauréat 2005, roulait pour Duteurtre. Dans sa barbe, il marmonne que le roman de Schneider lui est tombé des mains. L'intéressé, pas rancunier, se montre en revanche très fier de lui succéder. Imperturbable dans l'essaim de journalistes et de photographes qui l'ont assailli, Michel Schneider savoure la reconnaissance d'un grand jury, celle qui, après la critique chaleureuse et le décollage des ventes, manquait à son palmarès. «Mon enfance de cancre m'a toujours... [Lire la suite]
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