Propos insignifiants

Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains

23 août 2009

Bien-pensants

Supporter le discours des bien-pensants n'est déjà pas facile, mais cela devient intolérable quand on découvre l'ampleur de la haine dissimulée derrière ce catéchisme.

A.Nothomb, Le Voyage d'hiver.

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25 août 2008

Conte moderne mâtiné d'une intrigue policière

 

Nothomb

Amélie Nothomb s'an­nonce d'emblée comme la reine de la rentrée dans les librairies avec le plus fort tirage du mois de septembre. Le Fait du prince, dix-septième roman de l'auteur belge, a été tiré par Albin Michel à 200 000 exemplaires à l'instar de ses derniers livres qui ont toujours dépassé ce chiffre. Elle le doit à la fidélité sans faille de ses lecteurs, véritables inconditionnels qui ne se lassent jamais de la retrouver à chaque rentrée. Ils ne devraient pas être déçus par ce nouveau cru excentrique. Le Fait du prince est un conte moderne mâtiné d'une intrigue policière. Le thème : un quadragénaire ordinaire prend l'identité d'un riche inconnu venu mourir à sa porte. Il entame une nouvelle vie rêvée dans le pavillon du mort aux côtés de sa veuve. Il fera tout son possible pour faire durer l'imposture.

Le Figaro, 19 août 2008.

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14 août 2008

Un talent en pleine maturité qui s'exprime d'emblée

Dans Hygiène de l'assassin, l'inquiétant et très mystérieux Prétextat Tach est une personnalité à facettes. N'ayant plus que deux mois à vivre, il a accepté de recevoir des journalistes. À 83 ans, le Prix Nobel de littérature, qui a 22 romans à son actif et arrêta d'écrire le jour de ses 59 ans, envoie aux pelotes ses quatre premiers interlocuteurs. Lequel parmi les reporters accourus du monde entier parviendra à le percer à jour ? Une journaliste de 30 ans plus coriace que les autres et surtout d'une curiosité insatiable soutient la gageure. Contrairement à ses confrères, elle a lu tous les livres de Prétextat y compris le roman inachevé intitulé «Hygiène de l'assassin». L'affrontement entre le vieil homme retors assis dans un fauteuil roulant et l'intrépide Nina prête à ferrer ce gros poisson d'eaux troubles montre un savoir-faire exceptionnel. C'est un talent en pleine maturité qui s'exprime d'emblée.

À la parution du livre, certains critiques se refusent à croire qu'une débutante de 25 ans en soit l'auteur. Qui se cache derrière le joli minois d'Amélie Nothomb dont les chapeaux extravagants épateront la galerie ? Les noms d'Hervé Bazin, de Michel Tournier, de Robert Sabatier, de Jacques Laurent, circulent. «Je n'avais aucun moyen de montrer que j'étais bien l'auteur du livre. Encore aujourd'hui, des personnes s'interrogent sur la paternité de mes romans», raconte Amélie qui fêtera bientôt son quarante et unième anniversaire. Renaud Matignon dans sa chronique du Figaro Littéraire ne se posera pas la question. Il est séduit par cette nouvelle venue qui «utilise en guise de stylo, une lame. Elle écrit au couteau. Ça surprend. Même, ça choque. Amélie Nothomb nous emmène avec une pureté rageuse, et une innocence perverse, dans le voisinage de la mort, et elle nous y montre notre propre visage, comme si, dans un roman policier, le détective découvrait que c'est lui l'assassin».

Le Figaro, 7 août 2008.

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24 février 2008

Perversité du langage

La simplicité de la langue - quatrième raison - fait partie de la subtile panoplie littéraire de la romancière. Ou plutôt l'apparente simplicité. La phrase ne cherche pas midi à quatorze heures, mais le sens, parfois, est plus subtil qu'il n'y paraît. N'oublions pas que Nothomb est philologue. Dans Ni d'Eve ni d'Adam, la scène de la demande en mariage est un exemple de la perversité du langage. Enfin, Amélie Nothomb est ce genre de personnage que les médias adorent. Exubérant mais timide, volubile mais secret - bref, romanesque. L'alcool, la vitesse, les pieds nus sur les pédales, les casinos ont poursuivi Sagan jusqu'à sa mort. On ne parlera donc pas des chapeaux, mitaines, godillots, rouge à lèvres ou autres fruits pourris attachés à jamais comme des poissons d'avril à la tunique d'Amélie Nothomb. Lisons plutôt son dernier roman, considéré à l'unanimité comme un très bon cru, bon château, bonne année.

Anthony Palou, Le Figaro Magazine, 14 octobre 2007.

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27 janvier 2008

Il lui fallait moi

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A la fin, elle acceptera de se fiancer, mais précisément pour ne pas avoir à se marier, et dès qu'elle en aura l'occasion, s'évadera du Japon. Comment la blâmer ? L'amour marital, c'est la mort. Et puis avoir un seul époux ne lui aurait jamais suffi. Il lui en fallait plusieurs. Il lui fallait des lecteurs. Il lui fallait moi.

Pierre Cormary, Le Magazine des Livres, janvier-février 2008.

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19 août 2007

Subtilités, exquises drôleries et cruautés culturelles

PS: Comme d'habitude, vous allez vous ruer sur le nouveau roman d'Amélie Nothomb. Cette année, vous aurez raison. Avec Ni d'Eve ni d'Adam(Albin Michel, 245 pages, 17,90 euros), elle renoue avec la veine nipponne de Stupeur et tremblements. En ce temps-là, elle donnait des cours de français à un jeune homme de Tokyo, devenu son fiancé et son amant. Comment a-t-il conquis Amélie, comment s'est-elle dépêtrée du piège du mariage... Tout en subtilités, exquises drôleries et cruautés culturelles.

Bernard Pivot, le Journal du Dimanche, 19 août 2007.

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18 août 2007

Ni d'Eve ni d'Adam par Christophe Greuet

Nothomb

Je n’avais jamais eu jusqu’alors l’occasion de vous parler de ma relation particulière avec la littérature d’Amélie Nothomb. Ayant découvert l’auteur dans mes jeunes années, à la parution de ses premiers romans, c’est véritablement un coup de foudre littéraire que je vécus alors. Le sentiment n’a pas subi l’érosion du temps. Et, à la différence de nombreux confrères, j’ose le dire : j’attends chaque année le nouveau Nothomb comme aucun autre livre. Son dernier, Ni d’Eve ni d’Adam, n’a pas échappé à cela.

Ne tombant pas non plus dans la béatitude débile, je reconnais facilement que l’auteur avait atteint le fond avec ses deux derniers ouvrages. Les fans qui auraient pu penser que Nothomb était “finie” vont cependant pouvoir revoir leur jugement. Son nouvel opus, Ni d’Eve ni d’Adam, est peut-être le chef-d’œuvre de l’auteur belge.

Christophe Greuet, http://www.culture-cafe.net/archive/2007/07/30/ni-d-eve-ni-d-adam-found-in-translation.html

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08 août 2007

Amélie Nothomb dans le Canard vexé

Ce qui fascine chez Nothomb, c’est que même dans le pire elle est sublime et fait mouche. Lorsqu’elle cède à la paresse et à la facilité dans ses derniers romans (Acide sulfurique, Biographie de la Faim) on se laisse emporter par le flot de ses mots, presque malgré soi. C’est toujours clair, concis, précis. Bon nombre d’écrivains n’ont pas cette facilité dans le style... C’est cruel, d’autres auront beau s’acharner pendant des décennies, ils n’arriveront pas à la cheville d’un mauvais roman d’Amélie.

http://www.canardvexe.com/articles/319_amelie_nothomb__1.php

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20 juillet 2007

Un côté décalé qui refuse de se prendre au sérieux

Cet attrait du bizarre et de l'étrange, ce balancement entre tragédie et comédie se retrouvent chez un autre écrivain belge francophone, Amélie Nothomb, dont l'imagination n'a cessé de séduire les lecteurs depuis son premier roman, Hygiène de l'assassin publié en 1992, et en attendant le traditionnel opus, Ni d'Ève, ni d'Adam, à paraître le 22 août. Elle aussi recompose certains épisodes de son existence - ses trois premières années dans Métaphysique des tubes, son apprentissage du monde du travail en tant que femme de ménage au Japon dans Stupeur et tremblements - mais bien que ses livres explorent parfois des zones d'où la noirceur et la gravité ne sont pas absentes, son univers se définit d'abord, à l'image de son image médiatique, par le sens du loufoque et un côté décalé qui refuse de se prendre au sérieux.

Christian Authier, Le Figaro, 20 juillet 2007.

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09 octobre 2006

Le corps d'Amélie Nothomb

Il est de plus en plus rare de voir des auteurs construire un univers qui leur est propre, nourri de personnages singuliers et de thèmes peu fréquents, or on retrouve tout cela chez Amélie Nothomb. Tout ce qui tourne autour du corps, en particulier, est unique chez elle. Les lecteurs retrouvent dans ses livres l'expression d'un vertige, d'un vécu d'angoisse, qu'ils ne trouvent nulle part ailleurs. Et à mes yeux, tous ses livres, ceux très autobiographiques, ceux hyper-romanesques comme ceux plus théâtraux, constituent un seul grand livre.

Jacques De Decker à propos d'Amélie Nothomb, Lire de septembre 2006.

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