29 janvier 2011

Un roman faussement modeste

L'écrivain conte l'épopée familiale des Coll, dont l'ancêtre, un Espagnol de Majorque - le grand père du narrateur -, avait fui la guerre civile, en 1936. Il épousa une belle Bretonne et, à force de travail et de ténacité, réussit à faire fortune aux halles de Quimper, en qualité de maraîcher. À la fin de sa vie, l'homme roulait en Mercedes et avait acheté trois maisons, une à Quimper, une autre au cap Coz, face à la mer, et une troisième à Majorque. Son fils ne connaîtra pas la même fortune, loin s'en faut. Les... [Lire la suite]
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24 février 2008

Perversité du langage

La simplicité de la langue - quatrième raison - fait partie de la subtile panoplie littéraire de la romancière. Ou plutôt l'apparente simplicité. La phrase ne cherche pas midi à quatorze heures, mais le sens, parfois, est plus subtil qu'il n'y paraît. N'oublions pas que Nothomb est philologue. Dans Ni d'Eve ni d'Adam, la scène de la demande en mariage est un exemple de la perversité du langage. Enfin, Amélie Nothomb est ce genre de personnage que les médias adorent. Exubérant mais timide, volubile mais secret - bref, romanesque.... [Lire la suite]
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17 décembre 2007

Une Sagan paresseuse qui ne cesse de travailler

Le récit d’Annick Geille peint une Sagan qu’on aurait tous aimé connaître. Le 25 rue d’Alésia ressemble à un café aux banquettes confortables, aux tables ouvertes. Tiens, voilà Jacques Chazot, tiens voilà Bernard Frank qui rentre de Grimaud où il vient de terminer Solde, une sorte de chef-d’oeuvre dont il avait le secret. Annick Geille passera des bras de Sagan à ceux de Frank. On vivait comme ça, par-delà les règles bourgeoises de l’amour. Un côté liaisons dangereuses. Jouissif et toxique à la fois. Selon Annick Geille : «Le mot... [Lire la suite]
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26 juin 2007

L'unique principe de Patrick Besson

J'aime entrer dans un cinéma vide, au début de l'après-midi. Surtout au printemps. Pour l'occasion, on devrait changer l'orthographe d'entrer : antrer. C'est une projection presque privée. Mieux qu'une projection privée, car il y a encore moins de monde. Pour « La liste de Carla », au Racine, on était neuf. Ça m'a rappelé ce jour de 1999 où, à l'UGC Montparnasse, j'ai vu « A mort la mort ! » de Romain Goupil. On était trois et le troisième, c'était moi qui l'avais amené : Anthony Palou. On s'est assis au milieu de la salle, l'autre... [Lire la suite]
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25 juin 2007

Même pas

Des marches de Cannes à celles de l'église, demi-écrivain, demi-fêtard, demi-croyant, demi-romantique, Des marches de Cannes à celles de l'église, demi-écrivain, demi-fêtard, demi-croyant, demi-romantique, demi-sel, faux-drogué, faux-alcoolique, Frédéric Beigbeder est devenu un produit light. Ce Fregoli cite Dostoïevski, Tourgueniev et Pouchkine comme pour se faire «pardonner» Castel, Canal+ et le Mathis Bar. A bout de souffle, il se flagelle, se bat les flancs, se dénigre d'être une prostituée des médias et de la nuit quand il... [Lire la suite]
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17 mars 2007

L'amour est un chien de l'enfer

On reconnaît immédiatement le style : concentré, coupant comme trois lames de rasoir. Oreille sûre. Art du portrait en quelques coups de crayon. Avant, pendant, après est un roman noir (et rose) dans le sens où Parisis n'épargne rien de son époque. Une histoire d'amour pourrait sauver une vie car l'amour est la dernière aventure subversive digne de ce nom. Mais le sexe rôde, s'en mêle, et avec lui la jalousie. Chagrin, dépression. "A l'heure de la pornographie, c'était trop dégueulasse d'aimer". Parisis sait que l'amour est... [Lire la suite]
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15 mars 2007

Mon éducation

"Un livre des rêves", dit le sous-titre. Avec Burroughs (1914-1997), on ne pouvait s'attendre à une autobiographie conventionnelle. Ici, tout est destructuré, suite de visions, de cauchemars. Le livre - à moins que ce ne soit le lecteur ? - tangue. La langue éclatée de Burroughs est une drogue dure. On croise Genet, Bowles, Ginsberg ou encore Kerouac. On passe de New York à Tanger (où il vit dans un taudis), de Paris à Mexico (où il eut quelques déboires), du noir au bleu. L'auteur du Festin nu est une espèce de prédicateur... [Lire la suite]
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11 janvier 2007

La mise à mort de Jean-Edern Hallier

Et son oeuvre ? Survivra-t-elle à ses frasques ? Réponse dans ses livres. Hallier était sans aucun doute pourvu du souffle ample d'un écrivain de race, Les Aventures d'une jeune fille, Le premier qui dort réveille l'autre ou La Cause des peuples le démontrent, mais il n'en avait pas le caractère, ne supportant pas la solitude qui fait les travaux de longue haleine. « Heureusement qu'il n'a pas connu le téléphone portable : il aurait rendu chèvre la cellule. Il ne pouvait pas rester seul une minute. La solitude avait pour lui un... [Lire la suite]
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14 mai 2006

La bougie Morand

(...) Le livre de ce Jardin-là (filleul de Morand) est précieux. On pénètre dans l'intimité du vieil homme qui toujours échappa. Il était un paradoxe vivant : sauvage et civilisé à la fois. Sauvage par son côté électrique, civilisé par ses incessantes mondanités. Le monde, selon lui, est une prison dont il faut s'évader par les femmes, l'art, les voyages. Rien que la terre. Morand est un Kodak. De son oeil de caïman, il capte puis gobe. Jardin - qui se réveillait parfois à 5 heures du matin pour satisfaire le maître impatient - en... [Lire la suite]
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28 septembre 2004

Françoise Sagan par Anthony Palou

La liberté du «charmant petit monstre» Anthony Palou [27 septembre 2004] (Le Figaro) En ce mois de juin 1953, à quelques jours du baccalauréat, sur les bancs du lycée, la jeune Françoise Quoirez, tout juste dix-huit ans, se confie à sa meilleure amie, Florence Malraux : «Cet été, j'écrirai un livre, il aura du succès, je gagnerai beaucoup d'argent et je m'achèterai une Jaguar !» Le genre de phrase qui fait sourire. À la fin de l'été, les éditions Plon et Julliard reçoivent un curieux manuscrit au titre pioché dans un... [Lire la suite]
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