Antoine Blondin par Stéphane Denis
Le début de la chronique de Stéphane Denis, dans le Figaro Magazine du 27 mai 2006 :
La presse de droite était pleine, autrefois, de papiers réussis sur des sujets divers. Sa critique littéraire était souvent très bonne. Que restait-il aux réprouvés, sinon des livres ? Antoine Blondin, qu'un reportage au Palais-Bourbon et un portrait de M. Félix Gouin avait éloigné du traitement politique de l'actualité, sauf dans des feuilles quasi clandestines (les rédacteurs en chef, même s'ils travaillaient dans l'extrémité, n'étaient pas fous au point de le laisser continuer) se vit bientôt proposer dans Rivarol, dans Le Bulletin de Paris, dans Arts, de lire ce qui paraissait et surtout ne lui paraîtrait pas trop odieux. Le voici donc plutôt dans l'éloge, éreintant au passage de vieux ennemis ou l'Académie Goncourt. De ce côté c'est un vrai talent qu'il a, Blondin, pour raconter comment Julien Gracq vint refuser son prix, Jacques Perret accepter le sien. Je recommande à l'attention du lecteur « Sommes-nous tous pédérastes ? » qui conduirait aujourd'hui son auteur sur les bancs de la 17e chambre, d'ignorer les articles sportifs (« jamais de sport », disait Churchill), de suivre en cinq stations le chemin de croix de François Mauriac de 1944 à 1955, (il nous manque 1958 et le retour au bercail), de lire son Rimbaud (il a écrit aussi, si mes souvenirs sont bons, un Werther pour Roger Nimier) ou sa défense de Marcel Aymé.
Mes petits papiers, Antoine Blondin, La Table Ronde.
ps. Je ne mets pas le prix car je n'aime pas mettre les prix.