A la recherche du moi perdu
Dans la littérature allemande du XXè siècle, l'oeuvre de Hermann Hesse occupe une place tout à fait particulière ; elle semble n'avoir jamais vieilli, être toujours restée en phase avec les préoccupations immédiates de la jeunesse, avec toutes les expériences culturelles, intellectuelles et historiques qu'ont faites, l'une après l'autre, les générations successives. Dès 1904, son premier roman, Peter Camenzind, est accueilli avec enthousiasme par les néo-romantiques ; en 1919 Demian traduit les interrogations, les angoisses de tous ceux qui viennent de traverser l'épreuve de la guerre mondiale et voient s'ouvrir un avenir plus qu'incertain, tandis que, dans les années qui suivent l'effondrement du régime national-socialiste, Le Jeu des Perles de Verre, publié déjà en 1943, connu en Allemagne seulement à partir de 1946, remet en question à la fois la civilisation moderne et le sens même de l'existence humaine.
Jean-Louis Bandet, début de l'Introduction à l'édition 1999 de Romans et nouvelles, La Pochothèque.