Sentiment tragique de la vie (4)
En tant qu'individu, j'avais donc procédé (et instinctivement, c'est le plus grave) comme procède, grosso modo, en France, la critique littéraire (mes sincères excuses à ceux qui, en elle, estiment constituer des exceptions !) : en soumettant le jugement littéraire au jugement politique. Il y a, dans notre droit, une règle héritée de l'Ancien Régime : " Le criminel tient le civil en l'état ", c'est-à-dire : le sort d'une cause civile dépend de ce qui sera jugé au criminel (par exemple des dommages-intérêts ne peuvent être obtenus d'un inculpé que s'il est d'abord reconnu coupable). On peut dire qu'à Paris, une règle analogue, quoique non écrite, existe en matière d'appréciation critique (de quelque art qu'il s'agisse - lettres, théâtre, cinéma) : " Le politique tient le littéraire... en l'état ". Le sort d'une oeuvre, le destin d'un auteur tiennent d'abord au jugement politique qu'à tort ou à raison on porte sur eux.
Pierre Bourgeade, La Quinzaine littéraire, 1 février 1992.
L'article de P.Bourgeade n'est pas terminé mais j'arrête là sa reproduction, sinon mon blog ne serait plus ce qu'il est devenu.
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