On en sort un peu exténué
La prose de Zizek est à l'image de sa conversation : exubérante, profuse, et parfois même confuse. L'évocation du "Réel monstrueux" lacanien lui fait penser à un tableau de Bosch, puis à Eraserhead de David Lynch, qui lui fait penser à son tour à Invasion Los Angeles de John Carpenter, qui lui fait penser à l'amour naissant de Bertrand Russel pour Lady Ottoline Morrell ; c'est maintenant Platon, qui entre en scène et tel passage du Timée, qui le conduit à kant, puis Schelling, pour revenir à Hegel, dont il était parti : voilà ce qui peut se passer dans moins de dix pages d'un chapitre de Zizek ! On en sort un peu exténué, et pas toujours au clair avec les thèses propres de l'auteur, mais ravi d'avoir tant voyagé et en aussi bonne compagnie.
Le Magazine littéraire, mai 2007.