Perversité du langage
La simplicité de la langue - quatrième raison - fait partie de la subtile panoplie littéraire de la romancière. Ou plutôt l'apparente simplicité. La phrase ne cherche pas midi à quatorze heures, mais le sens, parfois, est plus subtil qu'il n'y paraît. N'oublions pas que Nothomb est philologue. Dans Ni d'Eve ni d'Adam, la scène de la demande en mariage est un exemple de la perversité du langage. Enfin, Amélie Nothomb est ce genre de personnage que les médias adorent. Exubérant mais timide, volubile mais secret - bref, romanesque. L'alcool, la vitesse, les pieds nus sur les pédales, les casinos ont poursuivi Sagan jusqu'à sa mort. On ne parlera donc pas des chapeaux, mitaines, godillots, rouge à lèvres ou autres fruits pourris attachés à jamais comme des poissons d'avril à la tunique d'Amélie Nothomb. Lisons plutôt son dernier roman, considéré à l'unanimité comme un très bon cru, bon château, bonne année.
Anthony Palou, Le Figaro Magazine, 14 octobre 2007.