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14 octobre 2008

Ken Follett explique sa méthode de travail

Mais quel est donc le secret qui permet à l'aimable Follett de captiver encore et toujours ? Comment expliquer qu'Un monde sans fin soit resté trente-deux semaines dans la liste des meilleures ventes du New York Times ? « Dans mes romans, dans la littérature populaire en général, c'est l'histoire qui compte le plus. Le lecteur doit toujours se demander : que va-t-il se passer ensuite ? Et puis je cherche à ouvrir l'esprit des gens, à leur montrer, par exemple, que même au Moyen Âge des femmes pouvaient se battre pour leur indépendance. Du féminisme déjà…  » glisse l'auteur, marié à Barbara, une célèbre députée travailliste. Puis Ken Follett boit une gorgée d'eau minérale avant d'expliquer sa méthode de travail.

« D'abord, je réalise un plan très détaillé, un résumé d'une cinquantaine de pages, avec la présentation de tous les personnages. Cela me prend une année. Durant cette période, je me documente. J'ai travaillé avec trois historiens pour mon dernier ouvrage. Puis je fais lire à mon agent, Al Zuckerman, à ma femme, Barbara, et à mes enfants ce résumé que je modifie autant qu'il le faut. Puis je consacre une année à rédiger un premier jet, et encore douze autres mois pour peaufiner l'ensemble. Les changements ne sont pas forcément très importants, il s'agit de rendre le récit plus cohérent, plus logique et plus touchant. J'affine au maximum les personnages, je les rends un peu plus complexes. Je précise que s'il s'agit d'un livre de 400 pages seulement, la rédaction ne me prend qu'une année. »

Véritable artisan, qui enchaîne ses productions sans jamais vraiment souffler (il a déjà rédigé 600 pages de son prochain roman qui évoque la Première Guerre mondiale et la révolution russe), Ken Follett regrette-t-il de n'être pas considéré comme un « grand » écrivain ? « Ce n'est pas très important », dit-il avant de préciser, tout de même piqué au vif : « Comment juger les écrivains de leur vivant ? Je reconnais toutefois que la plupart des auteurs de best-sellers ont été oubliés après leur mort… Je note cependant que le plus grand romancier anglais, Charles Dickens, était considéré comme un simple auteur à succès à son époque. Reste que je ne me prends pas pour Dickens. Je suis bien loin d'avoir son pouvoir de langue. »

Le Figaro, 9 octobre 2008

Commentaires
Propos insignifiants
  • Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains, avec parfois quelques détours. Pas d'exhaustivité, pas d'ordre, pas de régularité, une sorte de collage aussi. Les mots ne sont les miens, je les collectionne.
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