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12 février 2009

Comédie sociale aigre-douce

Décidément, les Britanniques excellent dans la comédie sociale aigre-douce. Il y avait Nick ­Hornby et Zadie Smith, il faudra compter avec Nikita Lalwani, romancière anglo-indienne de 35 ans dont le premier roman, Surdouée, se lit d'une traite.

C'est l'histoire de Rumi, fillette d'origine indienne, surdouée en mathématiques, qui vit à Cardiff. Son père, Mahesh, n'a qu'une ambition : qu'elle entre à Oxford le plus tôt possible. Grâce à un entraînement de maratho­nienne, la jeune fille engrange les connaissances, jusqu'à être acceptée, à quinze ans, dans la prestigieuse université. Hélas, la soumission de Rumi au diktat paternel se heurte bientôt à ses désirs d'adolescente (on peut exceller au Rubik's Cube et être d'une remarquable gaucherie avec les garçons). Sujet banal si l'on veut, mais le roman est passionnant.

Et que de justesse dans la composition du personnage de Rumi, tiraillée entre des cultures que tout oppose ! Nikita Lalwani décrit avec un art maîtrisé du dialogue et du suspense un poignant conflit de générations. On notera enfin que le roman est bien plus optimiste et tendre que le fait divers qui l'a inspiré, l'histoire tragique de Sufiah Yusof. Ce prodige des mathématiques entra à Oxford à treize ans, et s'en échappa en 2000 dans une fugue surmédiatisée, accusant ses parents de « pressions physiques et émotionnelles ». En mars 2008, une journaliste de la presse à scandales retrouva enfin sa ­trace à Manchester : l'ex-petit génie des chiffres s'y prostituait sous le nom de Shilpa Lee.

Surdouée de Nikita Lalwani, traduit de l'anglais par Alexandre Boldrini Flammarion, 260 p., 19 €.

Le Figaro, 5 février 2009

Commentaires
Propos insignifiants
  • Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains, avec parfois quelques détours. Pas d'exhaustivité, pas d'ordre, pas de régularité, une sorte de collage aussi. Les mots ne sont les miens, je les collectionne.
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