On tient un journal sans savoir pourquoi
Il dit ne pas avoir l'envie d'écrire ses Mémoires, ni de publier l'intégralité de son journal, dont un "carnet" de l'Herne propose quelques extraits, entre 1947 et 1983. "On tient un journal sans savoir pourquoi, écrit Déon en préface. Souvent parce qu'on est en panne devant un projet ou désoeuvré après la fin d'un livre ou d'une liaison qui nous ont beaucoup occupés. Je n'exclus pas les piqûres d'amour-propre après une rupture ou l'exaltation au premier regard." Il précise qu'il se garde de faire des confidences : "A chacun son intimité. Fermons la porte, il n'y a rien à voir. Partageons les images, les livres, le théâtre, le cinéma et surtout les amitiés qui sont le bonheur d'une vie comme les détestations qui l'ont pimentée. Sur le reste, est-ce bien la peine ? La société des hommes prend trop de vessies pour des réalités."
Le Monde, 27 novembre 2009.