Lorsqu'on est écrivain, on n'est que ça et rien d'autre
Lorsqu'on est écrivain, véritablement, on n'est que ça et rien d'autre. On ne peut être écrivain et éditeur, écrivain et journaliste, écrivain et professeur. Toute sa vie, Marie Billetdoux s'est battue pour vivre en n'étant qu'écrivain, et seulement écrivain, sans jamais se disperser. Tout se paye, et ce métier exige des sacrifices extrêmement cruels dont le public ignore presque tout, mais que l'on voit très bien dans ce livre. On est apprécié puis on ne l'est plus. L'époque est au renouvellement permanent, au court terme comme à la mémoire faible. J'entends dire ici et là "tel auteur est fini, tel auteur est mort". Mais pour moi, aucun grand écrivain n'est jamais cramé. Je n'y crois absolument pas. Et j'en ai la preuve avec ce livre qui est non seulement le plus beau de Marie, mais qui représente à mes yeux, en tant qu'éditeur, le plus grand livre que j'aie jamais publié.
Jean-Marc Roberts, cité dans le Figaro Magazine du 27 février 2010.