Je hais les jeunes filles

Le ton, cynique, réaliste, engagé, sans pincettes, sans paternalisme, ce ton qui rendait le magazine intelligent, intéressant, drôle et décalé. Ce ton que l’on retrouvait dans toutes les rubriques et qui correspondait à « l’esprit » 20Ans.
C’est en grande partie de cet esprit dont les témoignages recueillis par Marie Barbier nous parlent.
En revenant sur la décennie 1993-2003, décennie pendant laquelle 20Ans a tourné sous la houlette d’Isabelle Chazot, Marie Barbier nous propose ici une anthologie, un décryptage de ce qui rendait ce magazine si particulier ainsi qu’un retour en arrière sur les figures qui l’ont constitué, les esprits qui s’y ébrouaient et le contexte politico-pubo-commercial dans lequel tous évoluaient.
Diastème bien sûr, le Dr Perlmutter, Alain Soral, Simon Liberati, Michel Houellebecq ou moultes journalistes qui écrivaient alors sous pseudo, tous avaient un style qui justifiaient leur présence dans l’équipe d’Isabelle Chazot. Comme elle le dit « Tous les gens qui écrivaient pour 20Ans avaient de l’humour, mais aussi de la défiance vis à vis de la pensée correcte, de l’info officielle, une conception scabreuse des relations humaines ». Clairement une grosse partie des articles du 20Ans de l’époque ne passeraient plus du tout dans la presse actuelle.
http://lesplumesdaudrey.fr/2011/04/14/je-hais-les-jeunes-filles-20ans-magazine-collectif/
Très proche de la rédaction durant cette période, l'écrivain français Michel Houellebecq s'est inspiré de 20 Ans dans son roman La Possibilité d'une île. Il y décrit notamment les relations d'un de ses héros masculins avec une certaine Isabelle, rédactrice en chef de Lolita, « un magazine conçu pour les filles de dix ans mais lu par les femmes de trente qui ont peur de vieillir ». « Ce que nous essayons de créer, explique le personnage d'Isabelle, c'est une humanité factice, frivole, qui ne sera plus jamais accessible au sérieux ni à l'humour, qui vivra jusqu'à sa mort dans une quête de plus en plus désespérée du fun et du sexe ; une génération de kids définitifs. »