Je sais qu'elles le sont si j'entends le ton juste
Je mets tout ce que je suis, ma vie entière, dans le roman que j'écris, puis il me faut du temps pour recharger mes batteries. J'avais donc besoin d'attendre un peu après Les Corrections, besoin de devenir une personne différente pour avoir quelque chose de neuf à dire. J'ai beaucoup écrit en neuf ans mais rien ne me plaisait : c'est comme si ces pages n'étaient pas vivantes. Je sais qu'elles le sont si j'entends le ton juste. Ce n'est qu'en 2008 que ça a commencé. Je venais de passer six mois à écrire sur la Chine pour le New Yorker et j'en ai eu tellement peu d'échos que ça m'a découragé de poursuivre dans la non-fiction. Alors je me suis rendu à Berlin pendant un mois et j'ai commencé à écrire Freedom.
Jonathan Franzen, les Inrockuptibles, 24 août 2011.