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27 novembre 2007

Une version manquée du livre que vous auriez voulu écrire

Benjamin, le personnage central de vos deux romans, donne l'impression d'être l'écrivain universel. Est-il votre alter ego?

Benjamin est l'archétype de l'écrivain. Idéaliste, perfectionniste. Il ne finira jamais son livre car il n'arrive pas à faire coïncider la vision idéale qu'il a en tête et le résultat dans la réalité. Je partage les mêmes idéaux artistiques que Benjamin, mais je fais des compromis, parce que je veux finir mon travail, qu'il soit publié et lu. Ce que vous offrez à vos lecteurs n'est jamais un roman "parfait", mais toujours une version manquée du livre que vous auriez voulu écrire. Quand ceci se produit, je hausse les épaules et me dis, "Ah, c'est toujours mieux que rien." Benjamin, étant un idéaliste, pense qu'il vaut mieux ne rien écrire qu'écrire quelque chose d'imparfait. C'est un bon point de vue, mais par la suite cela le rend fou.

Jonathan Coe

http://www.fluctuat.net/2833-Jonathan-Coe

Commentaires
S
Peut-être que tout l'intérêt littéraire d'un texte est dans ce ratage!
A
Albin n'est sourcilleux que sur un point, celui des mots. Il n'en écrit pas moins des chroniques tâtonnantes sur son chantier, désireux, y compris dans l'imerfection, de briser la loi du silence.<br /> http://albertbin.blogspot.com/
C
Donc être écrivain c'est être perpétuellement insatisfait ? On croise pourtant un sacré paquet d'écrivains plutôt satisfaits (d'eux-mêmes)...
Propos insignifiants
  • Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains, avec parfois quelques détours. Pas d'exhaustivité, pas d'ordre, pas de régularité, une sorte de collage aussi. Les mots ne sont les miens, je les collectionne.
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