Fargues nous tend le miroir de nos médiocrités
L'auteur de One Man Show et de J'étais derrière toi poursuit son oeuvre, exemplaire. Aussi cruel que Dostoïevski, donc, mais moins cynique que Beigbeder, moins sordide que Houellebecq, plus courageux que Modiano. Il peint le monde contemporain avec la distance exacte : ni trop près, ni trop loin. Sur le racisme et surtout l'antiracisme, il fait dire à ses personnages des vérités admirables. Sur notre rapport au cinéma, au sexe, à la célébrité, il a tout compris et le restitue, d'une manière faussement fictionnelle, dans sa parfaite vérité. Sur l'art contemporain de la manipulation, sur l'aptitude au malheur de chacun d'entre nous, sur l'influence de la France et du français dans le monde, tout est brillamment dit et écrit. Fargues nous tend le miroir de nos médiocrités. Cela ne se refuse pas.
Jean-Christophe Buisson, Le Figaro Magazine, 5 janvier 2008.