Propos insignifiants

Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains

06 mai 2008

Une relation intense et autodestructrice

Zelda, la magnifique

Jacques Tournier, le traducteur de «Tendre est la nuit» signe un récit sur la relation intense et autodestructrice entre les époux Fitzgerald.

Jacques Tournier signe un livre sobrement intitulé ­Zelda qui décrit au plus près les relations passionnées et tumultueuses entre Zelda ­Fitzgerald et son célèbre mari. Encore Zelda, direz-vous. Alabama song, de Gilles Leroy, primé par le Goncourt, en novembre dernier, traitait ce sujet. Mais Jacques Tournier a eu la chance et le talent de rencontrer Scottie, la fille unique du couple : elle lui a donné la correspondance autant dire un trésor échangée entre M. et Mme Fitzgerald. Une centaine de lettres tournées qui disent l'extraordinaire union faite d'attraction et de répulsion entre les deux amoureux. Scottie, leur fille, affirme : « Il faut que vous lisiez leurs lettres. Elles prouvent à quel point ils se sont aimés, avec quel courage, quelle constance, quelle compréhension mutuelle, d'un amour souvent déchiré et intense. »

Jacques Tournier n'a gardé que la quintessence des échanges. Plutôt que de faire la recension de cette correspondance, ce qui eût été intéressant mais un peu fastidieux, l'auteur a décidé de la mettre en scène sous forme d'un récit dans lequel il l'intègre astucieusement.

«Aimer à la folie»

On ressent tout : et le feu qui consume le couple, et l'autodestruction nourrie par chacun, et la jalousie qui les ronge. Quant à Zelda, rarement l'expression « aimer à la folie » n'a été aussi juste. Sa passion pour le créateur du Dernier Nabab la conduit à séjourner dans les hôpitaux psychiatriques durant des années. À moins que ce ne soit cette folie qui l'ait aidée à tenir.

On le savait : on voit un Scott davantage épris par sa réputation littéraire et mondaine. Mais le récit de Tournier lui rend une certaine justice : il n'a jamais abandonné sa femme, toujours veillé sur elle, même de loin, par exemple en prenant en charge des frais d'hôpitaux faramineux.

Jacques Tournier, qui connaît bien Scott Fitzgerald pour avoir traduit Gatsby le magnifique et Tendre est la nuit, ainsi qu'une cinquantaine de nouvelles, a mis le projecteur sur Zelda. Elle apparaît touchante, avec cette obsession désespérée de devenir une artiste à tout prix, dans n'importe quel domaine : elle s'est essayée à la littérature, à la peinture, et même à la danse classique, alors qu'elle n'était plus une jeune fille.

Ce qu'a réalisé Jacques Tournier peut paraître un peu facile, car il a largement utilisé cette riche correspondance. Ne boudons pas notre plaisir. Zelda, dans ses lettres, et dans ce récit, est vraiment magnifique.

Zelda de Jacques Tournier Grasset, 180 p., 12,50 €.

Mohammed Aïssaoui, le Figaro, 17/04/2008

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29 avril 2008

Une vie toute entière en quelques centaines de pages

A certains moments, cette biographie lui donnait la nostalgie rassurante d’une Angleterre tendre, verdoyante, où l’on voyageait en voiture à cheval ; à d’autres , il se sentait vaguement déprimé à l’idée qu’une vie tout entière pût tenir en quelques centaines de pages – enfermée dans un flacon tel un chutney fait maison.

Ian McEwan, Samedi.

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15 avril 2008

Pour moi, il a juste libéré le Ritz

Selon l'un des personnages du livre, « l'artiste nourrit de bonnes intentions », mais il est également un « fauteur de troubles ». Et vous ?

Attention, cela n'est qu'un point de vue ! J'essaie d'être un écrivain engagé, et croyez-moi, parmi mes collègues, je suis le plus modéré. En tant qu'artiste, je suis pris dans une contradiction permanente : je veux le Bien, plutôt celui des gens simples comme mes parents, mais mes lecteurs les plus fervents ne le sont pas. C'est le problème du pouvoir en général. Regardez mon pays sur le plan international. Les Etats-Unis ont de bonnes intentions, et pourtant... Pensez aussi à Hannah, le personnage d'American Darling, mon précédent roman. Martin Scorsese va d'ailleurs l'adapter au cinéma : une belle Américaine tente de sauver des singes en Afrique. Son aventure se termine en boucherie.

Vos personnages lisent Steinbeck, Dos Passos, Margaret Mitchell, Hemingway...

Jordan Groves, qui est peintre, lit Steinbeck. Son épouse préfère Autant en emporte le vent : cela n'est pas un hasard, mais je vous laisse découvrir pourquoi... Vanessa, elle, aurait eu une liaison avec Hemingway. Mes lecteurs la comparent à l'épouse de Fitzgerald, Zelda, à la fois volage et inspiratrice, et ils n'ont pas tort. Tendre est la nuit m'a marqué. Mais à bien y réfléchir, mon écrivain favori reste Hemingway, même s'il ne s'est jamais vraiment frotté aux questions sociales. Seule la guerre, en France, lui a ouvert les yeux, et encore, il était alors journaliste. On dit qu'il a participé à la libération de Paris : pour moi, il a juste libéré le Ritz. Et le Ritz n'est tout de même pas la France, n'est-ce pas ?

Russel Banks, le Figaro-Magazine, 11 avril 2008.

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08 avril 2008

je me suis assis devant ma machine à écrire et le roman a jailli

Delillo

Son sourire, esquissé du bout des lèvres, lui donne l'air d'un gamin prêt à jouer un bon tour. Don DeLillo est là, au 24e étage d'un gratte-ciel de l'Upper East Side, chez son agent littéraire. Insaisissable, DeLillo. Il confesse détester parler de lui et ne pas aimer évoquer ses livres; il pense qu'un roman n'est pas une thèse et que son auteur est le moins bien placé pour tenter la moindre interprétation. Et pourtant il vient d'accepter de sortir de la réserve qu'il s'est imposée depuis des années. Peut-être parce que ce nouveau roman, L'Homme qui tombe, est l'un de ceux qui lui tiennent le plus à coeur: «Le 11 septembre est, pour un écrivain new-yorkais, un sujet impossible à évacuer. Il faut, tôt ou tard, accepter de s'y confronter», reconnaît-il d'emblée.

Tout a commencé le jour de la réélection de George W. Bush, en novembre 2004. «Je n'avais absolument aucune intention de me lancer dans une fiction sur le 11 septembre. Mais, ce jour-là, je me suis assis devant ma machine à écrire et le roman a jailli...», explique-t-il. De là à confondre ce livre avec un brûlot, il n'y a qu'un pas, que Don DeLillo aimerait bien qu'on ne franchisse pas: «La politique ne m'intéresse pas. C'est sans doute difficile à comprendre pour qui lit mes romans, mais ce qui me fascine, c'est les répercussions de la politique dans la vie intime des gens. Rien d'autre.»

L'Express, 3 avril 2008.

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04 avril 2008

Prenez garde à ces images coupantes qui ressortiront un jour

Vous qui ouvrez L'Homme qui tombe, prenez garde à cela. A ces images coupantes qui ressortiront un jour. Car DeLillo a l'art de la prémonition. Depuis son premier roman, Americana, publié aux Etats-Unis en 1971 (Actes Sud, 1992), il n'a cessé d'ausculter la société américaine, ses maux, ses folies. Ses matériaux de prédilection sont les nuages chimiques, les bombes atomiques, les voitures piégées, les prises d'otages...

Or on s'aperçoit aujourd'hui qu'aucune oeuvre n'a préfiguré comme la sienne l'importance du terrorisme dans la société moderne. Dans Joueurs (qui fit sensation à sa sortie aux Etats-Unis en 1977), DeLillo avait même identifié la cible des attentats, le World Trade Center. Et dans Cosmopolis - l'histoire d'un golden boy bloqué dans un gigantesque embouteillage sur la 47e Rue -, il achevait son récit sur l'image d'un avion "mué en boule de feu". L'Homme qui tombe explore la suite en quelque sorte : comment, après le trauma, chacun bricole les ressorts de sa propre survie. Et comment l'écrivain, lui, arrive à donner une forme à ce qu'il appelle "la liquéfaction du sens".

Le Monde, 4 avril 2008.

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03 avril 2008

Mythe littéraire

Je ne pense pas qu'un écrivain prévoie nécessairement quelque chose il le voit, tout simplement, peut-être avant que d'autres le fassent. C'est ce que les écrivains sont censés faire, de bien des façons, grandes ou petites, qu'ils s'intéressent aux petits recoins anonymes de l'existence humaine ou au panorama ambitieux de l'expérience à grande échelle.

Je tends à regrouper mes travaux autour d'un certain thème, que je décrirais ainsi : nous vivons une époque dangereuse. Ce qui dans l'actualité constitue pour certains des événements éphémères est susceptible de s'imposer au romancier comme une force menaçante pour le monde.

Plus d'une fois, dans les années 1970, avant que je ne me lance dans l'écriture de Players (1977, Les Joueurs, 1993), il m'est arrivé, en marchant dans les grandes avenues de New York, de voir des centaines de personnes attroupées sur le trottoir, cadres supérieurs et autres employés, parce que leurs firmes avaient fait l'objet de menaces à la bombe et que des immeubles de bureaux entiers avaient dû être évacués. Quelques années plus tard, résidant en Grèce, j'ai pris conscience de la présence du terrorisme sur une base quasiment quotidienne des détournements d'avions, des voitures piégées, les événements du Liban qui ont obligé bien des Libanais à émigrer à Athènes. Bien sûr, ces événements et d'autres drames, y compris les prises d'otage, ont influencé mon travail pour The Names (1982, Les Noms, 1990) et Mao II (1991, Mao II, 1992). Les romanciers s'intéressent à la nature cachée des choses. Le terro­risme est resté caché pour un temps parce que le public n'était pas prêt à le voir. Maintenant, il n'a pas le choix.

Pensez-vous que le 11 Septembre soit appelé à devenir un mythe littéraire majeur au début du XXIe siècle ?

Le 11 Septembre deviendra un thème littéraire important dans les prochaines années si un nombre suffisant de jeunes romanciers se sentent à la hauteur de l'immense réalité de l'événement. Les écrivains seront-ils prêts à s'attaquer sérieusement à cette tâche majeure où la religion, la politique et l'histoire revendiquent toutes une place dans le récit ?

Le roman en tant que forme littéraire a faim d'expérience. Sa portée potentielle permet à un écrivain de placer des forces historiques énormes à l'intérieur de vies individuelles. C'est tout ce dont nous avons besoin : un homme ou une femme, seul(e) dans une pièce, quelqu'un qui trouvera un langage pour réimaginer notre monde.

Don Delillo, le Figaro, 3 avril 2008.

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27 mars 2008

Ecrire, c'est se mettre dans la peau d'un autre

D'un roman à l'autre, Muñoz Molina - qui vit aujourd'hui entre l'Espagne et New York - fait preuve d'une incroyable attention à cette humanité dont il enregistre les moindres palpitations, à la manière d'un sismographe. «Ecrire, c'est se mettre dans la peau d'un autre, explique-t-il. Jamais je ne me sens autant moi-même que lorsque je garde le silence et que j'écoute, que je suis habité par les expériences et les souvenirs des autres.» Des souvenirs, il y en a des rafales dans Le Vent de la lune, le nouveau livre de Muñoz Molina. Mais, cette fois, ils lui appartiennent intimement. Et forment une guirlande parfois nostalgique, parfois inquiétante, pour ressusciter la lointaine Andalousie où il passa son enfance.

De ses rêves d'ado aux chimères de l'écrivain

Tout est là: les mythologies de l'Espagne des années 1960, les murmures des confessionnaux, les pupitres du pensionnat, le cinéma à ciel ouvert, les lueurs des premiers écrans de télévision, les ombres funestes des phalangistes, les mains du père agrippées à la houe, la corde où se pendit l'aveugle du village. Et cette image enchantée qui traverse tout le récit, celle du premier homme en vadrouille sur la Lune, le 21 juillet 1969. «Les yeux fermés, je m'imagine que je suis astronaute», se souvient Muñoz Molina, qui raconte ici comment ses rêves d'ado allaient accoucher de ses chimères d'écrivain. Le Vent de la lune est son livre le plus sensuel. Et le plus précieux pour partager ses secrets, dans les halos du temps retrouvé.

L'express, 27 mars 2008.

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26 mars 2008

N'est pas Fitzgerald qui veut

Tendre est l'ennui

Quand Russell Banks s'intéresse à l'Amérique huppée des années 1930. N'est pas Fitzgerald qui veut.

Outre-Atlantique, Russell Banks est un auteur très écouté. Sa spécialité, c'est d'observer les désarrois et les soubresauts de son pays, cette Amérique blanche qui broie du noir sur les décombres de ses rêves brisés. Avec La Réserve, l'exorciste Banks change totalement de registre, pour s'aventurer sur les terres d'un certain Fitzgerald. Tout y est: chalets de luxe, mécènes, magnats de la finance, fiestas arrosées au champagne, dolce vita, pontons d'acajou sur les rives huppées d'un lac des Adirondacks. Vraiment, on s'y croirait, et l'on pénètre dans ce roman en se disant que l'on va sans doute croiser les fantômes de Gatsby ou de Zelda. Mais non, la sauce ne prend pas, comme si l'auteur d'American Darling pataugeait dans une mauvaise parodie, sans parvenir à trouver la bonne musique, au fil d'un récit aussi plat et schématique qu'un scénario de cinéma.Nous sommes dans l'Amérique insouciante de 1936, en compagnie de la très allumée Vanessa, une vamp qui croit être la fille adoptive d'un amateur d'art au coeur passablement décati, le Dr Cole. Pour célébrer la fête nationale, ce neurochirurgien a invité une brochette de nababs et l'élégant Jordan Groves, un peintre des Adirondacks dont l'hydravion - et le reste - fera flasher Vanessa. Belle occasion pour elle de s'envoyer en l'air, avant que le lecteur ne plonge dans les eaux très troubles de son enfance, avec un détour assez glauque vers la case pédophilie... Hélas, on a de la peine à croire en ces personnages fabriqués et caricaturaux que Banks dépeint sans réussir, lui, à faire décoller son hydravion. Il a beau tirer sur les manettes et appeler Francis Scott à la rescousse, la grâce n'est pas au rendez-vous de cette Réserve, une bluette glamoureuse dont on ressort particulièrement réservé.

André Clavel, l'Express, 27 mars 2008.

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25 mars 2008

Mes romans fondent mes opinions politiques

Comment vos opinions politiques, votre vision de la société américaine et de l’histoire de votre pays s’articulent-elles avec votre travail de romancier ?
Mes idées politiques, le fait que je sois un homme de gauche, la façon dont je vois le monde, tout cela influe, bien entendu, sur ma façon de décrire le monde, de dire la vie des gens ordinaires qui est la matière de mes romans. Mais mes livres m’éduquent aussi politiquement. Car ce sont eux, profondément, qui m’informent sur ce qu’est l’expérience humaine, la vie de tous les jours, sur les conséquences tragiques que la politique peut avoir sur l’existence quotidienne des gens ordinaires. En ce sens, je peux affirmer que mes écrits influencent mes engagements politiques, et que, d’une certaine façon, mes romans fondent mes opinions politiques plus que mes opinions politiques ne fondent mes romans.

Vous apprenez de ce que vous écrivez.
Oui. Par exemple, si je n’avais pas écrit American Darling, je n’aurais probablement pas saisi de façon aussi précise et juste les conséquences inattendues, et parfois tragiques, des bonnes intentions – c’est cela, le thème majeur de ce livre. Sans l’écriture de ce roman, ce serait demeuré une idée abstraite, générale, désincarnée. Et si je n’avais pas écrit Pourfendeur de nuages – un roman bâti autour de la vie et de la personnalité de l’abolitionniste John Brown –, je n’aurais saisi le rôle essentiel que la question raciale a joué dans l’imaginaire collectif américain, ainsi que le lien profond qui existe, dans l’histoire de ce pays, entre la religion et la violence.

Vous définissez-vous comme un écrivain américain ?

Cela a de moins en moins de sens pour moi. Ça signifiait quelque chose lorsque j’étais plus jeune, lorsque j’ai commencé à écrire, parce que mes modèles étaient des écrivains américains humanistes : Mark Twain, Walt Whitman, Melville, Faulkner, Dos Passos, Nelson Algren... Ils incarnent la tradition littéraire dans laquelle je m’inscris – disons, ma « famille » littéraire. Mais, en vieillissant, j’ai réalisé que la communauté des écrivains à laquelle je me sens appartenir est bien plus large que cela, qu’elle n’a que faire des identités nationales, ethniques, ou même linguistiques. De façon de plus en plus prégnante, en voyageant, en lisant, je me suis rendu compte que j’appartenais à une communauté transnationale.

http://www.telerama.fr/livre/26829-entretien_avec_russell_banks_mes_romans_fondent_mes_opinions_politiques.php

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22 mars 2008

Anna Gavalda peut aujourd'hui tout se permettre

Après les 2 millions d'exemplaires toutes éditions confondues de Ensemble, c'est tout, voici donc La Consolante, 638 pages de gavaldisme au carré. Même si la petite musique puise à la même source, on est loin du sage recueil de nouvelles qui avait révélé, en 1999, une inconnue de 28 ans (Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, Le Dilettante). Forte de sa notoriété, Anna Gavalda peut aujourd'hui tout se permettre. Dans ce cinquième livre, elle se lâche et nous en fait voir de toutes les couleurs : comme pour répondre à ceux qui ironisaient sur ses bons sentiments, elle plonge dans le gris, le noir et le rouge sang, mais grappille tout aussi allégrement dans le reste de l'arc-en-ciel. La Consolante est un livre touffu, tout fou, plein de trouvailles et de digressions, dans lequel les personnages, en attente d'un happy-end, consomment beaucoup d'alcool pour noyer leur chagrin et se font tout le mal qu'il faut pour ne pas être bien.

Le Monde, 20 mars 2008

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