Mes chansons sont des petites boucles obsessionnelles. Les femmes fonctionnent beaucoup sur ce modèle. J’adore le travail d’Annette Messager ou de Louise Bourgeois, cette méticulosité très féminine, de l’ordre du tricotage, de la petite névrose qu’on ne cesse de creuser. J’écris des chansons pour coudre les choses ensemble, je cherche à réparer, à rassembler. Les hommes réussissent plus à éclater les choses. Mais j’aime ce qui perdure, se patine, je n’arrive pas à détruire. Quand les filles le font, cela fait toujours plus peur. Parce que nous faisons la vie.

Lou Doillon, Télérama, 19 septembre 2015.