Secret Story (sur TF1 jusqu'au 7 septembre), c'est parfait pour l'été. Voir se déchirer quelques-uns des spécimens les plus bêtes de la jeunesse française a quelque chose de rafraîchissant.

La mamelue Tara est-elle un homme ? Le tombeur Gautier est-il gay ? Les jumelles parviendront-elles à cacher qu'elles le sont ? Qui décrochera sa place en finale ? Voilà tout ce qui passionne ces petits.

On pourrait, pendant ces heures d'antenne, nous montrer du beau, du spirituel, de l'intelligent : on préfère mettre le vide en scène. Mieux, on le commente. Les deux bonimenteurs sont l'excellent M.Castaldi et le mirifique M.Morandini. Leur comique est d'autant plus efficace qu'il est involontaire. Ce qui plaît aux Français, peuple moqueur.

Le travail de M.Castaldi consiste à vanter les mérites des candidats. Il en fait des caisses, et c'est un plaisir de le voir s'essouffler pour ne rien dire. Enflé de l'importance de la mission qu'il s'est donné à lui-même, M.Morandini recycle ce vide en donnant des échos, plusieurs fois par jour sur son blog et dans diverses émissions de radio et de télévision. Que dit-il ? Rien non plus. Mais longtemps. Et souvent. Bref, lui aussi fait du vent.

Héritiers de Georges Ohnet, "Jupiter tonnant de l'imbécillité française" selon Léon Bloy, ou plus prosaïquement du regretté Joseph Pujol, Castaldi et Morandini font un duo "hénaurme" qui eût enchanté Gustave Flaubert, grand amateur de bêtise.

Stéphane Hoffmann, Le Figaro magazine 21 juin 2013.