01 mars 2009
Marcel Aymé vu par Jacques Brenner
Son œuvre s'affirme comme une des plus neuves, des plus fortes et probablement des plus durables de notre époque... Bon observateur des mœurs, Marcel Aymé est un ami de la fantaisie qui nous délivre de la pesanteur du quotidien... Il s'est voulu absent de son œuvre, mais y est toujours présent par son style inimitable.
Jacques Brenner, 4ème de couverture d'Uranus.
27 juin 2007
Jacques Brenner et Jean-Edern Hallier
C’est tribal, mais feutré. Pas de lancers de flèches qui déchirent la savane, et les parures rituelles sont simplement des visages un peu mornes, un peu anciens. Ca s’appelle Brenner, Jacques, distingué critique et éditeur d’après-guerre, romancier à ses heures, dont Claude Durand, chez Pauvert, publie le second tome du Journal (1950-1959). On se croirait au Musée des Arts premiers.
Il y a des vivants et des morts. Des morts surtout. Tiens, ce masque bantou. Mais non, c’est Jean-Edern : « Vendredi 1er octobre 1954. Le jeune Hallier qui m’interviouve pour Arts me dit : « J’ai beaucoup aimé votre livre, mais il n’aura pas de lecteurs, vous ne croyez pas ? » Il a l’œil gauche malade, plus lent à se mouvoir que le droit, et plus brillant. Sentiment de gêne, bien que le garçon soit sympathique. » Voyez, ces gens qu’on a toujours connus vieux. Ces Jean-Edern. Grâce à Brenner, voici qu’ils sont jeunes à nouveau. Qu’ils débutent, qu’ils gaffent, qu’ils commencent à peine à mordre.
Didier Jacob, à propos du tome 2 du Journal de Jacques Brenner.
http://didier-jacob.blogs.nouvelobs.com/
06 janvier 2007
Soufre, moisi et journal
Une nouvelle chronique dans la revue en ligne des Ecrits-Vains, dans laquelle sont abordés "Le soufre et le moisi" de François Dufay et le journal de Jacques Brenner.
http://www.ecrits-vains.com/chronique/savy13.htm
29 décembre 2006
La pudeur des filles
Ce dont manquent les filles, c'est de pudeur. On leur a tant dit qu'il n'y a qu'elles pour en avoir, qu'elles pensent que, quoiqu'elles fassent, il leur en restera toujours plus qu'aux autres. Pudeur des sentiments, veux-je dire. (29 mai 1940)
Jacques Brenner, Journal, tome 1, Du côté de chez Gide.
28 décembre 2006
Le bonheur, non préoccupation du lendemain
Lundi 27 mai 1940
Le bonheur, dit Gide, qui est la "non préoccupation du lendemain". J'ai exprimé cela quelque part, moi aussi. Mais la société actuelle vous enserre tellement qu'il faut savoir jouer des coudes avec une terrible volonté que je n'ai pas encore. Attendre le bonheur en espérant (en croyant) qu'il viendra, c'est presque le bonheur. Mais si l'on faisait le total des moments heureux d'une vie, cela ne pèserait pas lourd, en comparaison du reste. Etre heureux, pourtant, à la réflexion, cela semble si facile !
Jacques Brenner, Journal, tome 1, Du côté de chez Gide.
Le tome 1 et le tome 5 du journal de Jacques Brenner ont été publiés en même temps, dans la période de proclamation des prix littéraires. Le tome 5 est intitulé "La cuisine des prix". Les journalistes littéraires ont donc quasiment ignoré le tome 1, pourtant sans doute plus passionnant.
04 novembre 2006
Un livre bouleversant
C'est un livre bouleversant parce que Brenner a disparu, qu'il a droit aujourd'hui à ce qu'il a tant attendu : la une des journaux, les honneurs, la reconnaissance du milieu. C'est un livre bouleversant car il occulte une oeuvre importante, l'oeuvre d'un Mauriac grinçant et têtu, très peu lue et sans doute peu disponible.
Le tome V de son Journal - intitulé sournoisement et abusivement La Cuisine des prix - montre un homme seul qui aime trop les chiens et pas assez les hommes. Les hommes ne l'aimaient pas, Brenner. Il en aura souffert. Alors, ligne après ligne, jour après jour, il rend la monnaie.
C'est un livre où l'on parle beaucoup d'argent parce que Brenner en manque. Alors, il compte. Note le montant des additions et le nom de l'invitant ou de l'invité, analyse et compare les loyers, le nombre de mensualités octroyées à certains, les chiffres des tirages et des avances. Invariablement maigres chez lui et gros pour les autres. Les comparaisons ne tournent jamais à son avantage. On songe à la chanson de Brel, Ces gens-là.
Jean-Marc Roberts, Le Figaro, 2 novembre 2006.
La Cuisine des prix (Journal 1980-1993) de Jacques Brenner, Pauvert.