Parmi les jurés, Michel Houellebecq, siégeant cette année au titre de lauréat 2005, roulait pour Duteurtre. Dans sa barbe, il marmonne que le roman de Schneider lui est tombé des mains. L'intéressé, pas rancunier, se montre en revanche très fier de lui succéder. Imperturbable dans l'essaim de journalistes et de photographes qui l'ont assailli, Michel Schneider savoure la reconnaissance d'un grand jury, celle qui, après la critique chaleureuse et le décollage des ventes, manquait à son palmarès. «Mon enfance de cancre m'a toujours éloigné des lauriers, aujourd'hui, je suis comblé», dit-il. Il y a deux mois, quand nous l'avions rencontré, l'auteur avait balayé d'un revers de manche la course aux prix.

Le Figaro, 15 novembre 2006, à propos du prix Interallié.