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Propos insignifiants
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13 janvier 2009

Ni tombeau, ni requiem

C'est un mort qui fera l'événement littéraire de ce début d'année, pour de bonnes et de mauvaises raisons. Un mort oublié et pas très illustre : Ramon Fernandez, père du romancier et critique littéraire Dominique ­Fernandez (4), académicien depuis 2007, grand amoureux de l'Italie, amateur de musique baroque, petit-fils d'ambassadeur, lauréat du prix Médicis pour Porporino ou les mystères de Naples et du prix Goncourt avec Dans la main de l'ange.

C'est à près de quatre-vingts ans que Dominique ­Fernandez a finalement exhumé la figure paternelle dans une somme de plus de 800 pages, en tout point exaltante, et sobrement intitulée : Ramon. Un père qui a hanté aussi bien l'esprit de l'auteur que certains de ses romans, dont L'École du sud. Et pour cause.

D'origine mexicaine, personnage respecté du monde des lettres de l'entre-deux-guerres, proche de Proust et de Gide, Ramon Fernandez, brillant critique, auteur de nombreux livres, dont un roman couronné par le Femina, s'était fourvoyé dans les années trente du côté de la droite nationaliste, celle du sinistre PPF de Doriot, avant de sombrer dans la collaboration et les excès éthyliques.

Ni tombeau, ni requiem, cette troublante tentative de réhabilitation et d'absolution du père plonge le lecteur à la fois dans l'intimité d'un homme blessé et dans l'effervescence des querelles littéraires du Saint-Germain-des-Prés d'alors. L'occasion aussi pour l'auteur de revenir sur son enfance.

Le tout est remarquablement renseigné (documents d'époque, écrits intimes des proches, inédits…). Parallèlement, les éditions Grasset rééditent deux ouvrages critiques de Ramon ­Fernandez dans sa collection « Cahiers rouges » : Messages et Proust.

Le Figaro, 29 décembre 2008.

   

Commentaires
Propos insignifiants
  • Promenade buissonnière parmi les livres et les écrivains, avec parfois quelques détours. Pas d'exhaustivité, pas d'ordre, pas de régularité, une sorte de collage aussi. Les mots ne sont les miens, je les collectionne.
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