04 avril 2011

L’art était d’abord un enchantement, parlant au corps autant qu’à l’esprit.

  L’autre, Benoît, est un bourgeois qui va devoir choisir son camp, le grand soir venu. Saura-t-il aller contre les siens, voire tirer sur eux ? L’adolescent est initié à la philosophie politique par une de ces égéries qu’on nomme facilement «pasionaria». Elle s’appelle Hélène. Les lecteurs de Benoît Duteurtre sont habitués à ses jeux autobiographiques. Ils l’ont déjà vu décorer sa chambre de lierre (A propos des vaches), et bidouiller l’électrophone des grands-parents (Tout doit disparaître). Hélène, à elle seule, semble... [Lire la suite]
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01 avril 2011

Un vibrant plaidoyer pour le roman

C'était le 20 février : l'écrivain britannique Ian McEwan recevait le prestigieux prix de Jérusalem. Devant le maire de la ville et les membres de jury, il aurait pu se contenter d'un discours prudent - remerciements, salut aux précédents lauréats, Bertrand Russell, Isaiah Berlin, Jorge Luis Borges, Simone de Beauvoir... Il choisit au contraire de se lancer dans un vibrant plaidoyer pour le roman comme école de tolérance et d'ouverture. "La tradition du roman est plurielle, profondément curieuse de la pensée d'autrui, de ce que c'est... [Lire la suite]
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31 mars 2011

Continuer à cheminer librement

Il y a dix ans, Gabriel Osmonde publia un roman qui attira l'attention. Manifestement, le livre était celui d'un écrivain chevronné, mais l'auteur refusait de se montrer. Les critiques littéraires, intrigués, lancèrent des hypothèses. Était-ce Pierre-Jean Remy, Michel Déon ou Didier van Cauwelaert qui jouait à cache-­cache? On évoqua même le nom de Nancy Huston. Le mystérieux auteur récidiva, publia des romans où il était question de la misère sexuelle contemporaine, de la vanité du jeu social, de chercher l'au-delà ici-bas. Mais... [Lire la suite]
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29 mars 2011

L’homme est responsable de son ignorance. L’ignorance est une faute.

Que reste-t-il de Monsieur K ? Cette question, il faut d’abord la poser à notre jeunesse : à la femme ou à l’homme qui, lisant jadis Risibles amours, la Plaisanterie - préfacé en 1968 par Aragon, préface désormais non reprise -, la Valse aux adieux, l’Insoutenable légèreté de l’être, crut mordre dans sa propre intelligence, en découvrant la faim d’être lucide. Monsieur K a 81 ans. Faune de dentelle et d’acier, désormais de marbre : il entre vif dans la Pléiade, sous le funèbre qualificatif d’«édition... [Lire la suite]
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28 mars 2011

Une charge érotique à la limite du supportable

  Les dix années qui vont suivre gravent dans le marbre le mythe Taylor. Qu’elle ne doit pas seulement à sa beauté. Définitivement chatte sur un toit brûlant, elle joue à l’instinct, en dégageant une charge érotique à la limite du supportable pour le code Hays, qui régit les bonnes mœurs du cinéma de l’époque. Elle a bon goût en matière de cinéma et choisit ses rôles avec soin. Pas seulement les rôles, d’ailleurs, les metteurs en scène aussi. Avec Joseph Mankiewicz, l’homme qui donna aux actrices américaines quelques-uns de... [Lire la suite]
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25 mars 2011

Un poète du roman

J'ai découvert Kundera quand je vivais à Budapest. J'avais 18 ans, et j'étais ingénu. Selon les termes de Kundera, j'étais lyrique. J'étais allé à Prague, en touriste, avec ma copine, et dans la maison de Kafka j'ai acheté L'Art du roman. A l'époque, j'avais la certitude de vouloir devenir poète. Je voyais le roman comme un genre compromis et bourgeois : une maladie du réalisme. La poésie était le véritable art de la langue. Dans le train du retour, la lecture de Kundera m'a bouleversé. Il existait donc un "art" du roman ! En... [Lire la suite]
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24 mars 2011

Un huit-clos sur un ring de boxe

  4ème de couverture : « Naufragés des tempêtes matrimoniales, Brick et Margaret semblent avoir touché le fond. Véritable "scandale vivant", Brick éteint ses angoisses à coups de whisky... Comme une chatte sur un toit brûlant, Margaret tente de ranimer leur couple... Mais le fantôme de Skipper, ami défunt de Brick et amant malheureux de Margaret, persiste à semer la discorde parce qu'il "est des sentiments que rien ne peut toucher sous peine de corruption"... "On peut ne pas être sensible à sa dialectique des... [Lire la suite]
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23 mars 2011

Elle en a déjà l'insolence et un certain goût pour la provocation.

1949. Elle a dix-sept ans quand elle forme un couple avec son homonyme, Robert Taylor, dans Guet-apens. Ce qui lui fait répondre vertement à quelqu'un qui lui reproche de négliger ses études: «Je ne vois pas comment je pourrais me concentrer sur mes études, alors que Robert Taylor n'arrête pas de fourrer sa langue dans ma bouche.» A star is born, ou presque. Elle en a déjà l'insolence et un certain goût pour la provocation. Nez retroussé, regard d'améthyste, bouche pulpeuse, pommettes hautes, juste assez vulgaire pour paraître... [Lire la suite]
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21 mars 2011

Dan Brown pour bac + 3

Depuis longtemps, Eco a exprimé son intérêt pour les histoires de complots, souvent liées à la fabrication de faux et à des manipulations policières, dans lesquelles les faits historiques tendent à se confondre avec des fictions romanesques. Ce qui est le cas des Protocoles des sages de Sion, l'un des faux les plus célèbres de l'histoire occidentale, auquel il consacre quelques pages dans Le Pendule de Foucault (1988) - plongée dans l'univers bariolé de l'ésotérisme qui représente pour moi une éblouissante réussite. On en trouve aussi... [Lire la suite]
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19 mars 2011

L’illusion d’une subtile fabrication

Pourquoi, dans ces conditions, la notion d’autofiction, inventée par un auteur de talent (Serge Doubrovsky), est-elle devenue la lumière de ceux qui s’évertuent à discerner les avant-gardes d’après-demain ? Je crains que cet engouement ne traduise - aussi - le besoin de donner une noblesse intellectuelle au point faible de la littérature française : un certain renoncement à l’imagination, à la représentation du monde, et un goût immodéré pour la contemplation narcissique. Cette passion de l’intimisme nous vaut parfois de... [Lire la suite]
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